L’ancien Premier ministre de transition du Tchad, Succès Masra, aujourd’hui figure majeure de l’opposition, a été renvoyé devant la chambre criminelle de N’Djaména. Son avocat fustige une procédure politique et arbitraire, tandis que la scène politique tchadienne s’enflamme de nouveau.
Un procès sous surveillance
Le 30 juillet 2025, la chambre d’accusation de N’Djaména a décidé de renvoyer Succès Masra devant la chambre criminelle. Une décision immédiatement dénoncée par son avocat, Me Saïd Larifou, qui y voit une tentative de museler l’opposition. Selon lui, le dossier serait juridiquement vide et reposerait sur une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
Des accusations lourdes
Le procureur de la République de N’Djaména accuse l’ancien chef du gouvernement de transition d’avoir participé, de manière directe ou indirecte, aux violences survenues à Mandakao, dans la province du Logone Occidental, le 14 mai dernier. Les chefs d’accusation sont graves : incitation à la haine, à la révolte, complicité de constitution de bandes armées, complicité d’assassinat, incendie volontaire et même profanation de sépulcres.
Une opposition sous pression
Revenu sur le devant de la scène politique après la transition, Succès Masra a multiplié les appels à la démocratie et à des réformes structurelles. Son positionnement critique vis-à-vis du pouvoir en place a fait de lui une cible politique, selon plusieurs ONG. Pour ses partisans, ce renvoi en justice vise clairement à l’écarter de la vie politique à l’approche de futures échéances électorales.
Un appel à la communauté internationale
Me Saïd Larifou a appelé les juridictions tchadiennes à faire preuve d’impartialité, tout en alertant la communauté internationale, les partenaires du Tchad et les défenseurs des droits humains. Il exhorte à une mobilisation pour garantir le respect des droits fondamentaux et l’intégrité du processus judiciaire.
Un climat démocratique fragilisé
Ce rebondissement judiciaire survient dans un climat de forte tension entre le pouvoir de transition et l’opposition. Pour nombre d’observateurs, le procès de Succès Masra pourrait raviver les fractures politiques et compromettre les efforts de réconciliation nationale engagés depuis la mort du président Idriss Déby en 2021.
La Rédaction

