L’Union africaine (UA) a annoncé, mercredi 15 octobre 2025, la suspension immédiate de Madagascar de toutes ses instances, à la suite du renversement du président Andry Rajoelina par une junte militaire. La décision, rendue publique depuis le siège de l’organisation à Addis-Abeba, marque une condamnation ferme d’un changement anticonstitutionnel de gouvernement survenu dans la Grande Île.
Une décision rapide et sans ambiguïté
Dans un communiqué relayé par plusieurs agences internationales, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, a dénoncé « une prise de pouvoir par la force, contraire aux principes fondamentaux de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance ».
Il a précisé que la participation de Madagascar est suspendue avec effet immédiat, jusqu’au rétablissement d’un ordre constitutionnel conforme aux valeurs de l’organisation panafricaine.
Cette suspension prive Antananarivo de son droit de vote, de représentation et de participation à toutes les réunions officielles de l’Union africaine, y compris celles du Conseil de paix et de sécurité.
Le contexte d’un renversement militaire
La décision intervient au lendemain d’un coup de force militaire ayant conduit à la destitution du président Andry Rajoelina, en poste depuis 2019. Selon les informations disponibles, le colonel Michel Randrianirina a pris la tête d’un Conseil national de transition après avoir annoncé la « mise en vacance du pouvoir présidentiel ».
Les forces armées, invoquant la nécessité de « restaurer l’unité nationale », ont investi la capitale Antananarivo, provoquant la fuite du chef de l’État vers un lieu encore tenu secret.
L’Union africaine fidèle à sa doctrine
Fidèle à sa ligne de tolérance zéro vis-à-vis des coups d’État, l’Union africaine a réaffirmé sa détermination à préserver l’ordre constitutionnel sur le continent. Mahamoud Ali Youssouf a appelé la communauté internationale à « soutenir le peuple malgache dans son aspiration à la stabilité et à la démocratie », tout en exhortant les putschistes à entamer sans délai un dialogue inclusif.
Cette suspension, la troisième depuis 2009 pour Madagascar, illustre la volonté de l’organisation de préserver la crédibilité du cadre démocratique africain face à la recrudescence des transitions militaires observées ces dernières années.
Vers une médiation régionale ?
Des sources diplomatiques évoquent déjà une possible mission de médiation conduite par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et la Commission de l’UA pour faciliter le retour à un gouvernement civil.
En attendant, Madagascar reste isolé sur la scène africaine, tandis que l’avenir politique du pays s’écrit désormais sous la supervision des militaires.
La Rédaction

