Dans le quartier de Maxaquene, à Maputo, un manifestant gît au sol, feignant une blessure pour se moquer des forces de sécurité mozambicaines, tandis qu’un autre agite une bouteille incendiaire. Ce 24 octobre 2024, le Mozambique est secoué par une vague de contestations après les élections du 9 octobre, ayant vu le parti au pouvoir, le Frelimo, sortir largement victorieux. Depuis l’annonce officielle des résultats, les manifestations de l’opposition ont causé la mort de 11 personnes, selon le Centre pour la démocratie et les droits humains (CDD).
La province de Nampula, au nord du pays, aurait été particulièrement marquée par ces violences, avec six décès signalés, indique l’ONG. Bien que la police n’ait pas confirmé ce bilan, elle avait précédemment annoncé 20 blessés sans évoquer de décès. Cependant, une source locale a reconnu deux morts, un à Nampula et un autre dans la province de Niassa, sans donner davantage de précisions.
Les arrestations se sont multipliées, avec plus de 450 personnes interpellées à travers le pays, dont 370 dans la capitale Maputo. Certains des détenus sont des mineurs et des personnes sans lien apparent avec les manifestations, selon le CDD. Grâce à l’intervention de l’Ordre des avocats et des efforts juridiques, environ 85 de ces personnes, qualifiées de “prisonniers injustes”, ont pu être libérées.
Des dizaines de blessés craignent de se rendre dans les établissements médicaux par peur d’être arrêtés, souligne l’ONG. Les contestations se sont intensifiées après l’annonce des résultats donnant près de 71 % des voix au candidat du Frelimo, Daniel Chapo, contre seulement 20 % pour Venancio Mondlane, figure de l’opposition qui a dénoncé une fraude massive et un scrutin “volé”.
Vendredi, alors que les manifestations continuaient de s’étendre, une panne généralisée d’internet a touché le pays, aggravant les tensions. L’accès à internet a été rétabli dès le lendemain, mais le climat de défiance persiste.
La Rédaction

