Le 07 août dernier, le ministre du Pétrole et du gaz libyen Abdel Sadek et son chef de cabinet ont été arrêtés et inculpés pour des actes de corruption. Cette arrestation fait suite à un mandat d’arrêt émis par le procureur général de Tripoli, Al Seddik al-Sour.
L’annonce initiale de la nouvelle a suscité une confusion générale quant à l’identité du ministre. Deux ministres occupent actuellement le portefeuille du pétrole et du gaz dans le gouvernement ouest libyen d’Abdel Hamid Dbeibah. Il s’agit de Mohamed Aoun le ministre légal rétabli en mai dernier et Abdel Sadek qui est le chargé provisoire du portefeuille. C’est après rectification du communiqué que le nom d’Abdel Sadek est sorti comme étant le principal accusé. Mohamed Aoun rappelle sur X qu’il n’a jamais enfreint la loi pendant les 50 ans qu’il a travaillés dans le secteur pétrolier.
Selon le communiqué officiel, le ministre et son chef de cabinet sont accusés sur fond de corruption financière à hauteur d’un demi-million de dollars en lien avec une société étrangère active dans le secteur pétrolier. Il a enfreint un accord signé entre cette société et la compagnie nationale du pétrole (NOC), toujours selon le communiqué.
Le journal économique libyen Saba rapporte qu’il pourrait s’agir d’accords financiers avec la société allemande Wintershall, spécialisée dans l’énergie, qui devait mener des projets en Libye depuis 2010.
Ce pays, qui abrite aujourd’hui deux gouvernements, n’en est pas à ses premières expériences avec des affaires de corruption. En 2023, un scandale de corruption avait évoqué le népotisme et des irrégularités dans les bourses d’études en Turquie. En novembre de la même année, un rapport publié par The Sentry, une ONG spécialisée dans les enquêtes relatives aux réseaux de ≪prédation multinationale≫ conclut que la « kleptocratie » dont la Libye est victime de la part de ses dirigeants « menace la survie » des institutions « les plus essentielles » du pays, y compris son secteur pétrolier.
La Rédaction

