Au Kenya, de plus en plus de femmes optent pour la stérilisation, notamment la ligature des trompes, comme méthode définitive pour éviter la maternité. Cette procédure chirurgicale, qui consiste à bloquer ou sectionner les trompes de Fallope pour empêcher toute grossesse future, gagne en popularité dans le pays. Selon les données du ministère kényan de la santé, entre 2020 et 2023, environ 16 000 femmes ont choisi cette option.
Traditionnellement, la stérilisation était souvent réservée aux femmes ayant déjà eu plusieurs enfants, mais ces dernières années, un changement de mentalité s’est opéré. De plus en plus de femmes, même sans enfants, optent pour cette intervention. Cette évolution témoigne d’une remise en question des normes sociétales imposant aux femmes d’avoir des enfants.
Les médecins soulignent que la stérilisation est une décision sérieuse, car une inversion de la procédure est rarement possible. C’est pourquoi elle est généralement recommandée uniquement aux femmes absolument certaines de leur choix de ne jamais avoir d’enfants biologiques.
Cette tendance croissante à la stérilisation s’inscrit dans un contexte global où les droits reproductifs des femmes sont de plus en plus contestés. En particulier, la décision de la Cour suprême des États-Unis d’annuler le droit à l’avortement en 2022 a fait réagir de nombreuses femmes, notamment au Kenya, qui craignent une érosion de leurs droits reproductifs.
Si cette évolution est accueillie positivement par certaines, elle suscite également des débats au sein du corps médical. Certains médecins estiment qu’il est nécessaire de remettre en question les idées reçues sur la stérilisation des femmes sans enfants et de respecter leur droit à disposer de leur corps.
Les femmes qui choisissent cette procédure mettent en avant leur désir de prendre le contrôle de leur vie et de leur avenir, en dehors des pressions sociales et familiales. Elles affirment que la stérilisation leur permet de se concentrer sur leurs objectifs personnels et professionnels, sans la contrainte d’une maternité non désirée.
Ce phénomène met en lumière un changement de paradigme important dans la société kenyane, où de plus en plus de femmes revendiquent leur liberté de choix en matière de reproduction et refusent de se conformer aux attentes traditionnelles.
La Rédaction

