Le président kényan William Ruto a promis vendredi de mettre un terme aux enlèvements de manifestants et de dissidents par les forces de sécurité, à la suite de nouvelles révélations d’ONG, d’avocats et de personnalités politiques sur ces pratiques. Depuis les grandes manifestations de l’été dernier contre les politiques économiques du gouvernement, les forces de l’ordre sont accusées d’avoir interpellé illégalement de nombreux protestataires, les détenant souvent sans justification.
Les dernières disparitions, largement couvertes par les médias, touchent particulièrement des jeunes hommes ayant exprimé des critiques à l’encontre de William Ruto sur les réseaux sociaux. Ces exactions ont conduit les défenseurs des droits humains à demander la fin de ces pratiques, alors que la police, elle, a fermement nié toute responsabilité dans ces disparitions.
Lors d’un discours prononcé vendredi à Homa Bay, Ruto a déclaré qu’il mettrait un terme à ces enlèvements et a invité les parents à “assumer la responsabilité” de l’éducation de leurs enfants. “Nous mettrons fin à ces disparitions pour garantir à nos jeunes une vie en paix”, a-t-il affirmé devant la foule.
Cette prise de parole intervient après les accusations de son ancien vice-président Rigathi Gachagua, qui a dénoncé une politique visant spécifiquement la jeunesse. De son côté, la Law Society of Kenya, principale organisation d’avocats du pays, a insisté sur le fait que si la police n’était pas impliquée, elle devait mener des enquêtes rigoureuses et poursuivre les responsables.
Les enquêtes menées par Human Rights Watch ont révélé l’implication d’une unité composée de membres d’agences de sécurité dans ces disparitions. Gachagua a, quant à lui, suggéré qu’une unité secrète pourrait être derrière ces actes. Selon la Commission nationale des droits de l’homme du Kenya (KNCHR), 29 des 82 personnes enlevées depuis juin demeurent introuvables, dont six ce mois de décembre. Par ailleurs, plus de 60 personnes ont été tuées lors des manifestations antigouvernementales de l’été, selon les ONG.
La Rédaction

