Au Kenya, les autorités sanitaires font face à une augmentation des cas de médicaments falsifiés ou de qualité insuffisante, un phénomène qui met sous pression le système de régulation pharmaceutique et la chaîne d’approvisionnement nationale.
Des centaines de produits retirés du marché
Selon les données du Pharmacy and Poisons Board (PPB), l’organisme de régulation des médicaments, au moins 94 rappels de produits pharmaceutiques ont été effectués au cours des trois dernières années. Ces retraits concernent des lots jugés non conformes aux standards de qualité et de sécurité exigés.
Environ 21 % des cas sont liés à des problèmes de dosage, notamment des médicaments contenant une quantité insuffisante de principe actif. D’autres défauts concernent la qualité physique des produits, avec des comprimés décolorés, des capsules instables ou encore des sirops présentant des impuretés visibles.
Une dépendance aux importations qui complique les contrôles
Plus de la moitié des médicaments rappelés proviennent de fabricants étrangers, ce qui représente un défi majeur pour les régulateurs kényans. Les points d’entrée, en particulier le port de Mombasa, sont identifiés comme des zones sensibles dans la chaîne de distribution.
Les autorités estiment que certains circuits frauduleux profitent des failles de contrôle pour introduire des produits contrefaits ou de qualité inférieure, parfois mélangés à des cargaisons légitimes. Dans certains cas, des médicaments déclarés en transit seraient ensuite redirigés vers le marché intérieur.
Une chaîne de surveillance fragmentée
La surveillance du marché pharmaceutique implique plusieurs institutions, notamment le Kenya Revenue Authority et le PPB. Les autorités reconnaissent que la multiplication des points de contrôle rend la traçabilité complexe.
Une défaillance à une seule étape du processus peut permettre à des produits non conformes d’atteindre le marché, avant d’être détectés lors des inspections post-commercialisation.
Une production locale également concernée
Les médicaments fabriqués localement représentent environ 30 % de l’approvisionnement national, mais concentrent près de 48 % des rappels, selon les données de régulation. Cette proportion met en évidence des difficultés persistantes dans le respect des normes de production et de contrôle qualité au niveau industriel.
Un dispositif de contrôle limité face à la fraude
Malgré les rappels réguliers et les opérations de surveillance, les autorités disposent de leviers limités pour sanctionner efficacement les acteurs impliqués dans la distribution de médicaments falsifiés.
Les poursuites judiciaires restent complexes, notamment en raison de la difficulté à établir avec précision l’origine des produits et à relier les lots incriminés à des responsables identifiables.
La Rédaction

