La bataille pour le contrôle des corridors commerciaux vers le Sahel s’intensifie en Afrique de l’Ouest. Au cœur de cette compétition, les ports de Tema, au Ghana, et d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, cherchent à attirer les flux commerciaux des pays enclavés comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Cette rivalité ne se limite pas aux infrastructures existantes : elle s’inscrit dans une logique stratégique où chaque port tente de consolider sa position régionale.
Le port de Tema a engagé un investissement massif de plus d’un milliard de dollars pour renforcer sa capacité et moderniser ses installations. L’objectif est clair : devenir un hub logistique capable de concurrencer Abidjan et de séduire les pays sahéliens. La mise en place de terminaux modernes et la connexion avec les corridors terrestres facilitent le transit rapide des marchandises, offrant une alternative sérieuse aux importations et exportations traditionnelles via Abidjan.
De son côté, le port d’Abidjan conserve une position dominante grâce à son trafic déjà important, avec plus de 34 millions de tonnes de marchandises traitées annuellement. Face à l’expansion de Tema, la Côte d’Ivoire a investi dans de nouvelles infrastructures et dans l’amélioration de ses services portuaires afin de rester compétitive. Le port entend ainsi préserver sa clientèle sahélienne tout en attirant de nouveaux partenaires commerciaux.
Dans ce contexte, le port de Lomé, au Togo, joue un rôle stratégique dans la chaîne logistique régionale et dans le commerce sahélien. Sa position géographique rectiligne vers le Sahel et sa capacité à gérer une part importante du trafic destiné aux pays enclavés en font un acteur incontournable pour les flux régionaux. Tema et Abidjan doivent intégrer cet atout dans leurs stratégies commerciales et logistiques.
La rivalité entre ces ports révèle des enjeux économiques et géopolitiques majeurs pour la région. Les investissements dans les infrastructures, l’amélioration des services et la connectivité terrestre déterminent désormais quel port deviendra le hub central pour le commerce sahélien. Tema et Abidjan restent les principaux prétendants, tandis que Lomé participe pleinement à la dynamique régionale.
La Rédaction

