Le régime militaire au pouvoir, dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré envisage de rétablir la peine de mort dans le code pénal du Burkina Faso suite à une annonce faite par le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, lors d’une session de l’Assemblée législative de transition, affirmant que cette question serait incluse dans le projet de révision du code pénal. Cette décision intervient dans un contexte de violences croissantes et d’insécurité généralisée, exacerbée par une insurrection jihadiste qui sévit depuis des années.
Les discussions autour du rétablissement incluent des infractions telles que celles liées au terrorisme, à la trahison et aux atteintes à la sûreté de l’État. La junte espère que la réintroduction de la peine capitale dissuadera les crimes graves et aidera à rétablir l’ordre et la sécurité.
Cependant, les partisans du rétablissement estiment que cela pourrait dissuader les complots et les actes terroristes. Tandis que les défenseurs des droits humains, expriment leurs inquiétudes quant aux risques d’abus et d’erreurs judiciaires. La communauté internationale suit de près cette évolution, préoccupée par les implications pour les droits humains dans ce pays qui avait fait des progrès significatifs en abolissant la peine de mort il y a seulement quelques années.
Actuellement, il n’y a pas encore de date définie pour la proposition formelle visant à modifier le code pénal afin d’y inclure la peine de mort mais le ministre a indiqué que c’est au Conseil des ministres de décider des ordres du jour et que les discussions sont en cours au sein du gouvernement.
En Afrique subsaharienne, il y a une tendance générale vers l’abolition de la peine capitale. Environ 24 pays ont déjà supprimé cette sanction pour tous les crimes, tandis que d’autres comme le Kenya et le Zimbabwe envisagent également d’abroger cette pratique.
La peine capitale avait été abolie en 2018 sous le régime civil de Roch Marc Christian Kaboré dans un contexte où le pays cherchait à améliorer son image internationale et à répondre aux préoccupations des droits humains, notamment suite à l’assassinat du journaliste Norbert Zongo.
Dans un pays où L’insécurité croissante éloigne les espoirs de paix et de stabilité, cette mesure apportera-t-elle la sécurité tant recherchée ou ajoutera-t-elle une nouvelle couche de complexité à une situation déjà précaire ?
La Rédaction

