Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa troisième année, ses conséquences géopolitiques et économiques continuent de se faire sentir bien au-delà de l’Europe. En Afrique australe, plusieurs pays s’inquiètent ouvertement des retombées sur leur stabilité et leur développement. C’est dans ce contexte que la ministre mozambicaine des Affaires étrangères, Maria Manuela Lucas, a effectué une visite officielle à Moscou.
Une coopération sécuritaire renforcée entre le Mozambique et la Russie
Reçue ce mardi par son homologue russe Sergueï Lavrov, Maria Manuela Lucas a abordé l’impact du conflit ukrainien sur les pays africains, notamment en matière de sécurité et d’approvisionnement. Le ministre russe s’est montré réceptif :
« Nous avons confirmé que nous étions prêts à examiner toutes les demandes de nos amis mozambicains sur les questions liées à la nécessité de renforcer leur capacité de défense et leur potentiel dans le domaine de la lutte contre le terrorisme », a déclaré M. Lavrov.
Le Mozambique fait face depuis plusieurs années à une insurrection armée dans la province du Cabo Delgado, où opèrent des groupes djihadistes liés à l’État islamique. Le soutien militaire de Moscou, dans un contexte de désengagement occidental partiel, pourrait ainsi marquer une nouvelle étape dans la réorientation diplomatique de Maputo.
Lavrov attaque l’OTAN et accuse l’Occident de provocations
Sergueï Lavrov a profité de cette rencontre pour condamner les récentes déclarations de dirigeants occidentaux, qu’il juge menaçantes envers la Russie :
« Les ministres allemands de la Défense annoncent qu’ils sont prêts à tuer des soldats russes. Et les dirigeants de l’OTAN parlent d’écraser préventivement la région de Kaliningrad. Pour toute personne raisonnable, c’est un signal extrêmement alarmant. »
Cette sortie virulente intervient dans un climat déjà tendu entre la Russie et les membres de l’Alliance atlantique, sur fond de livraisons d’armes à l’Ukraine et de renforcement des dispositifs militaires aux frontières orientales de l’UE.
Une inquiétude croissante en Afrique australe
Le Zimbabwe, voisin du Mozambique, a récemment exprimé son inquiétude face aux perturbations mondiales engendrées par le conflit russo-ukrainien, notamment en matière de prix des denrées alimentaires, de fertilisants et de sécurité régionale. Bien que non directement impliqué dans le conflit, Harare redoute un effet domino sur les économies africaines déjà fragilisées.
La tournée diplomatique de Maria Manuela Lucas à Moscou témoigne d’un recalibrage stratégique des relations Afrique–Russie, dans un contexte où de nombreux pays africains cherchent à diversifier leurs alliances, face aux incertitudes d’un ordre international en recomposition.
La Rédaction

