Le représentant permanent de la Libye auprès des Nations Unies, Taher El-Sonni, a dénoncé devant le Conseil de sécurité de l’ONU les crimes et atrocités qui continuent de secouer son pays, imputant cette situation à l’absence d’une solution politique globale et aux interventions étrangères négatives survenues au cours des 15 dernières années.
Dans son intervention, lors de la session consacrée au rapport du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), El-Sonni a insisté sur le fait que la Libye ne souhaite pas rester indéfiniment sous la surveillance de la CPI ni sous le Chapitre VII du Conseil de sécurité. Selon lui, la priorité du Gouvernement d’union nationale est la protection des droits des victimes libyennes. Il a rappelé que le mandat de la CPI doit respecter le principe de complémentarité, les tribunaux nationaux restant l’autorité compétente principale.
El-Sonni a qualifié les charniers de Tarhouna de « crime du siècle » et a souligné la nécessité d’une coopération effective entre la justice nationale et internationale. Il a précisé que 614 affaires liées aux crimes de Tarhouna ont été instruites, 255 décisions rendues et 220 affaires déférées devant les tribunaux.
Actuellement, 52 suspects sont détenus en attente de l’issue des enquêtes, tandis que 111 mandats d’arrêt ont été émis contre d’autres suspects impliqués dans des meurtres, enlèvements et disparitions forcées. Cinq auteurs de crimes de guerre ont fui le pays, ce qui pousse la Libye à appeler la CPI à intensifier ses efforts et à coordonner ses actions avec le parquet national pour assurer leur arrestation.
El-Sonni a également mentionné que 26 plaintes ont été déposées contre des personnes impliquées dans la traite des êtres humains et le trafic de migrants, et que des dizaines de suspects étrangersont été arrêtés. Il a exhorté la CPI à respecter le principe de complémentarité et à améliorer ses canaux de communication, en la mettant en garde contre toute politisation de ses travaux.
Enfin, le diplomate libyen a invité la communauté internationale à concentrer ses efforts sur la réconciliation nationale, en privilégiant la justice transitionnelle et la recherche de la vérité, essentiels pour stabiliser le pays.
La Rédaction

