Depuis le 24 août 2025, le nord-ouest du Ghana est le théâtre de violences interethniques entre les communautés Brefors et Gonjas, entraînant une crise humanitaire majeure. Les affrontements ont débuté à Gbiniyiri, dans le district de Sawla-Tuna-Kalba, et se sont rapidement étendus aux villages voisins.Origine du conflitLe différend trouve son origine dans une vente de terrain controversée par le chef local à un promoteur privé, sans consultation communautaire. Cette décision a provoqué une résistance violente des habitants, culminant par l’incendie du palais du chef et l’escalade des tensions entre les deux communautés.À lire aussi : Afrique de l’Ouest : au cœur des violences, la fuite en masseBilan humain et déplacementsSelon la Croix-Rouge ghanéenne, au moins 34 personnes ont perdu la vie, tandis que la police rapporte 23 décès. Environ 50 000 personnes ont été contraintes de fuir, dont plus de 13 000 ont traversé la frontière vers la Côte d’Ivoire, principalement dans la région du Bounkani. D’autres réfugiés ont trouvé refuge au Burkina Faso, notamment dans la province du Noumbiel.Conditions de vie des déplacésLes conditions de vie des réfugiés sont précaires. La Croix-Rouge signale des tentes insuffisantes et surpeuplées, des pénuries alimentaires, des fournitures médicales inadaptées et un risque accru de maladies en raison du manque d’accès à l’eau potable. Les populations les plus vulnérables, telles que les femmes, les enfants et les personnes âgées, sont particulièrement exposées aux violences et aux traumatismes.À lire aussi : Sahel : l’urgence humanitaire oubliée – 29 millions de vies en sursisRéponse des autorités et médiationFace à l’ampleur de la crise, les autorités ghanéennes ont déployé 300 agents de sécurité et instauré un couvre-feu indéfini. Le président John Dramani Mahama a dépêché une délégation dirigée par le ministre de l’Intérieur, Alhaji Muntaka Mohamed-Mubarak, pour promouvoir le dialogue entre les communautés et les chefs traditionnels locaux.À lire aussi : Afrique : 35 millions de déplacés internes, un drame humanitaire en pleine expansionPerspectives et risques régionauxBien que les affrontements semblent s’être calmés, les tensions demeurent. Des experts soulignent le risque de propagation du conflit au-delà des frontières, notamment en raison des liens ethniques entre les communautés ghanéennes et leurs voisins ivoiriens et burkinabés. La situation reste fragile et nécessite une vigilance continue pour prévenir une escalade régionale.
La Rédaction

