Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a procédé à la révocation de la présidente du Parlement de transition, Jemma Nunu Kumba, ainsi que de sa vice-présidente, Permena Awerial Aluong, dans le cadre d’un remaniement institutionnel intervenu ce mardi.
Première femme à avoir dirigé cette institution, Jemma Nunu Kumba, 60 ans, avait été nommée en juillet 2021 avant d’être validée par les deux chambres du Parlement. Sa mission initiale consistait à consolider la stabilité interne de l’organe législatif et à accompagner le processus de transition politique.
Une éviction sur fond de tensions parlementaires
Selon plusieurs informations politiques, la direction du Parlement faisait face depuis plusieurs semaines à des critiques internes. Des membres du Mouvement de libération du peuple soudanais (SPLM), parti au pouvoir et majoritaire à l’Assemblée, auraient soutenu fin mars une motion de défiance visant la présidence du Parlement.
Les griefs évoqués portaient notamment sur la gestion administrative et financière de l’institution, ainsi que sur des accusations de mauvaise gouvernance. Le SPLM dispose d’une large majorité parlementaire, avec plus de 300 sièges sur les 550 que compte l’Assemblée nationale.
Nouvelles nominations à la tête de l’Assemblée
À la suite de ces changements, les autorités ont procédé à de nouvelles désignations. Joseph Ngere Paciko a été nommé président du Parlement de transition, tandis que Abuk Payiti Ayik occupe désormais le poste de vice-présidente.
Ces nominations s’inscrivent dans un ajustement plus large des équilibres institutionnels au sein de l’appareil législatif.
Un contexte sécuritaire et politique toujours fragile
Cette recomposition intervient dans un environnement marqué par des tensions persistantes au Soudan du Sud, notamment des affrontements entre groupes armés dans certaines régions, dont l’État du Haut-Nil.
Ces épisodes de violence rappellent la fragilité du processus de transition politique, alors que les autorités tentent de stabiliser les institutions et de consolider l’autorité de l’État dans un contexte post-conflit encore instable.
La Rédaction

