Alors que l’année scolaire progresse, le système éducatif gabonais reste en proie à des défis majeurs, notamment une pénurie chronique d’enseignants. Cette situation, qui perdure depuis des années, pousse les élèves à apprendre dans des conditions précaires, avec des classes pouvant accueillir jusqu’à 130 élèves. Une réalité qui met en lumière les lacunes structurelles du secteur éducatif.
Depuis la rentrée scolaire, Dorcas et Enzo, élèves de 6e au Lycée public d’Akébé-ville, vivent une scolarité chaotique. « Nous n’avons pas de professeurs d’histoire ni d’EPS. Cela se reflète sur nos notes », explique Dorcas. Enzo ajoute : « Les profs viennent rarement. Les leçons ne suivent pas, et parfois des points sont ajoutés à certains élèves sans explication. »
Une crise qui pénalise toute une génération
Ce témoignage illustre le désarroi d’une jeunesse confrontée à un système défaillant. Parents et enseignants dénoncent une situation où l’éducation, autrefois prioritaire, semble reléguée au second plan. Simon Mbock, parent d’élève, s’insurge : « L’enseignement est devenu une profession dévalorisée. Autrefois, enseigner était un engagement. Aujourd’hui, on a abandonné l’éducation au profit de la politique. »
La surcharge des classes complique davantage la tâche des enseignants et limite les possibilités de suivi individuel. Ce phénomène entraîne une hausse du taux de redoublement et compromet la qualité de l’apprentissage. « Dans certains pays, les classes comptent 15 à 20 élèves. Ici, nous dépassons les 120, voire 130 élèves par salle. Cela rend notre travail quasiment impossible », déplore Thérence Ngoma, professeur d’anglais au Lycée Georges Mabignath.
Des solutions insuffisantes face à une crise profonde
Face à ce constat alarmant, le gouvernement a annoncé le recrutement de 900 enseignants spécialisés dans les matières scientifiques. En partenariat avec l’Unesco, ce projet vise à intégrer 400 professeurs de mathématiques, 200 de SVT et 300 de physique-chimie d’ici deux ans. Cependant, ces mesures risquent d’être insuffisantes au regard des besoins criants du pays.
Pour inverser cette tendance, une refonte globale du système éducatif est indispensable. Cela passe par une meilleure valorisation du métier d’enseignant, un renforcement du recrutement et une augmentation des infrastructures scolaires. Sans ces efforts, l’avenir des jeunes Gabonais restera gravement compromis.
La Rédaction

