Le Canal de Suez, artère vitale du commerce maritime mondial, est en proie à une crise sans précédent. En février, 47 navires ont été contraints d’éviter cette voie stratégique, un coup dur pour l’économie égyptienne.
Un contournement coûteux
Depuis novembre 2023, la mer Rouge est le théâtre d’attaques répétées menées par les Houthis, groupe rebelle soutenu par l’Iran. Ces attaques ciblent les navires marchands, semant l’insécurité et forçant de nombreuses compagnies à revoir leurs itinéraires. Plutôt que de traverser le Canal de Suez, les navires empruntent désormais la longue route contournant l’Afrique via le cap de Bonne-Espérance, une alternative nettement plus coûteuse et chronophage.
D’après l’Autorité égyptienne du Canal de Suez, cette crise a fait chuter le trafic à seulement 40 % de son volume habituel. Un manque à gagner colossal pour l’Égypte, qui tire une part significative de ses revenus de cette voie maritime. Le président Abdel Fattah al-Sissi a récemment estimé les pertes à environ 7 milliards de dollars pour l’année 2024, un chiffre alarmant pour un pays dont l’économie repose en partie sur ces droits de passage.
Un avenir incertain
Le Canal de Suez a déjà traversé des périodes de turbulences, notamment lors des guerres israélo-arabes ou encore de l’incident de l’Ever Given en 2021, qui avait paralysé le trafic pendant plusieurs jours. Mais cette fois, l’ampleur du problème est bien plus inquiétante. L’incertitude géopolitique et l’intensification des attaques en mer Rouge pourraient durablement compromettre l’attractivité du canal, poussant les compagnies maritimes à s’habituer à cette nouvelle route.
Face à cette situation, Le Caire tente de rassurer les armateurs et d’encourager le maintien du trafic, mais la crise dépasse largement les capacités d’action de l’Égypte. Tant que les tensions ne se résoudront pas, le Canal de Suez restera en péril, mettant en danger l’un des piliers économiques du pays.
La Rédaction

