Fermé depuis les révoltes de 2011, le Musée national de Tripoli rouvre récemment ses portes, au cœur même de la vieille forteresse d’al-Saraya al-Hamra. Un retour attendu pour cet édifice centenaire, dépositaire de l’une des plus riches collections archéologiques et ethnographiques d’Afrique du Nord.
Depuis sa fondation en 1919, ce lieu emblématique — autrefois connu sous le nom de musée Jamhiriya sous Kadhafi — retrace plus de 5 000 ans d’histoire. Il avait été forcé à la fermeture lorsque, en pleine guerre civile, des insurgés avaient envahi ses salles, détruisant certains objets liés au régime. Fort heureusement, les pièces majeures avaient été mises à l’abri par les équipes du musée.
Une traversée des âges, des premières peintures aux grandes civilisations
Aujourd’hui, le musée se présente sous un visage rénové. Réaménagé avec des outils modernes et interactifs, il guide le visiteur à travers les âges : de la préhistoire, marquée par les extraordinaires gravures rupestres d’Acacus, jusqu’aux civilisations phénicienne, punique, grecque, romaine, byzantine et ottomane.
Réparti sur trois niveaux, le parcours propose une plongée dans la vie des tribus anciennes, puis dans les grandes épopées méditerranéennes. Statues monumentales, mosaïques raffinées, objets d’art islamique : chaque salle résonne d’une mémoire plurielle, entre influences africaines, européennes et orientales.
Le musée réserve également un espace essentiel aux traditions populaires, avec une section ethnographique riche en costumes, instruments et scènes de la vie quotidienne libyenne.
Plus qu’une réouverture, un signal au monde
Cette renaissance n’est pas seulement culturelle. Pour les autorités de Tripoli, c’est un message d’espoir et de stabilité envoyé au monde. Sous l’impulsion du gouvernement d’Abdel Hamid Dbeibah, la réouverture a été largement médiatisée : campagnes publicitaires, acteurs célèbres invités à arpenter les galeries, mise en scène d’un retour à la vie normale.
Dans un pays encore marqué par les fractures, la renaissance du Musée national rappelle que la mémoire collective reste un pont entre les blessures du passé et les promesses de demain.
La Rédaction

