À l’approche de l’élection présidentielle de 2026, le parti d’opposition Les Démocrates redouble d’initiatives pour mobiliser ses partisans, notamment dans le nord du Bénin. Tandis que son principal adversaire, le président Patrice Talon, rejette fermement l’idée d’un troisième mandat, les discours de l’opposition se font de plus en plus virulents.
Une opposition déterminée
Porté par l’ancien président Thomas Boni Yayi, le parti Les Démocrates s’affirme comme le principal challenger du pouvoir en place. En déplacement à Matéri, une localité du nord, Kamel Ouassagari, l’un des cadres du parti, a directement attaqué le gouvernement sur ses promesses en matière d’énergie. « On nous dit que le Bénin produit assez d’électricité pour en vendre à l’étranger, et pourtant vous subissez des coupures prolongées. Où est la vérité ? » a-t-il lancé à une foule acquise à sa cause.
Au-delà des critiques, l’opposition affiche une ambition claire : prendre le pouvoir en 2026. « Dans 435 jours, un nouveau président sera désigné et ce sera celui de notre parti. L’ère Talon touche à sa fin », a martelé Ouassagari, galvanisant son auditoire.
Talon ferme la porte à un troisième mandat
Alors que certaines rumeurs persistent sur une éventuelle tentative de prolongation de son pouvoir, Patrice Talon s’est montré catégorique. Dans une interview accordée récemment à Jeune Afrique, il a balayé d’un revers de main toute hypothèse de candidature. « J’ai moi-même consolidé la Constitution pour limiter le nombre de mandats. Pourquoi irais-je à l’encontre de cette règle ? Non, je ne serai pas candidat », a-t-il déclaré.
Cependant, l’opposition craint d’être mise à l’écart du processus électoral, un scénario déjà observé lors des scrutins précédents. « Ils disent que nous ne serons pas en lice. Mais qui peut nous en empêcher ? Peut-être que ce sont eux qui ne seront pas aux élections, mais nous, nous y serons et nous gagnerons ! » a insisté Ouassagari, refusant d’envisager une disqualification de son parti.
Une bataille électorale qui s’annonce rude
Outre les accusations contre le pouvoir en place, Les Démocrates tentent de séduire les électeurs en mettant en avant leurs propres solutions, notamment en faveur du monde rural. « Nos agriculteurs doivent pouvoir vendre leurs récoltes à un prix juste. C’est ce que nous allons garantir », a promis Ouassagari lors de son meeting.
Dans un contexte où la scène politique béninoise reste polarisée, la campagne électorale s’annonce intense. Si Talon assure ne pas briguer un nouveau mandat, il n’en reste pas moins un acteur influent, dont le soutien au sein des institutions sera déterminant dans la configuration du prochain scrutin. Quant à l’opposition, elle joue son va-tout pour imposer son candidat et convaincre les électeurs qu’une alternance est possible.
La Rédaction

