Le démocrate Zohran Mamdani, figure montante de l’aile gauche américaine et critique affirmé de Donald Trump, a remporté mardi 4 novembre la mairie de New York, selon des projections de NBC, CNN et CBS fondées sur les résultats préliminaires. À 34 ans, cet élu du Queens devient ainsi le premier maire musulman de la plus grande métropole des États-Unis, une victoire symbolique pour la gauche progressiste américaine.
Selon les premiers décomptes publiés par le bureau électoral de la ville, Mamdani a devancé ses deux principaux adversaires : l’ancien gouverneur Andrew Cuomo, candidat centriste, et le républicain Curtis Sliwa. L’élu, qui avait déjà créé la surprise en remportant la primaire démocrate en juin, a su conserver une avance confortable malgré le retrait du maire sortant, Eric Adams, qui avait publiquement soutenu Cuomo.
Très populaire parmi les jeunes électeurs, Mamdani a su rallier un large éventail de citoyens, notamment ceux qui s’étaient désengagés de la vie politique. La participation a ainsi atteint près de 1,75 million de votants, bien au-delà des 1,15 million enregistrés lors du scrutin municipal de 2021.

Trump attaque, Mamdani reste imperturbable
Le président Donald Trump, visiblement irrité par ce revers électoral, a rapidement réagi sur sa plateforme Truth Social. « Trump n’était pas sur le bulletin de vote, et la paralysie budgétaire, ce sont les deux raisons pour lesquelles les républicains ont perdu ce soir », a-t-il commenté, tout en accusant indirectement les électeurs juifs d’avoir contribué à la victoire du candidat musulman. Plus tôt, il avait publié un message polémique : « Toute personne juive qui vote pour Zohran Mamdani est stupide !!! », l’accusant de « haïr » Israël en raison de son soutien à la cause palestinienne.
Ces attaques n’ont pas entamé la détermination de Mamdani, qui a maintenu une ligne claire tout au long de la campagne. S’il critique ouvertement la politique israélienne, il a aussi multiplié les gestes d’amitié envers la communauté juive de New York, refusant toute forme d’opposition religieuse ou identitaire.
Un parcours singulier et un programme social audacieux
Né en Ouganda dans une famille d’intellectuels d’origine indienne, Zohran Mamdani est arrivé aux États-Unis à l’âge de sept ans avant d’obtenir la nationalité américaine en 2018. Membre du mouvement des Democratic Socialists of America (DSA), il s’est imposé dans le paysage politique new-yorkais grâce à son engagement contre la vie chère et pour une plus grande justice sociale. Sa campagne reposait notamment sur deux promesses phares : encadrer les loyers et rendre les transports publics gratuits.
Malgré certaines réticences internes au Parti démocrate — plusieurs figures comme Chuck Schumer n’ayant pas apporté leur soutien public —, la victoire de Mamdani marque un tournant dans la politique municipale américaine, confirmant la montée en puissance d’une nouvelle génération d’élus progressistes.
Le même jour, plusieurs scrutins se sont déroulés sur la côte est : dans le New Jersey, les électeurs ont départagé Jack Ciattarelli (républicain) et Mikie Sherrill (démocrate), tandis qu’en Virginie, la démocrate Abigail Spanberger est devenue la première femme gouverneure de l’État après avoir battu la républicaine Winsome Earle-Sears. En Californie, un vote sur le redécoupage électoral a également renforcé la majorité démocrate.
La Rédaction

