Face à la montée inquiétante du terrorisme en Afrique de l’Ouest, plusieurs pays de la région adoptent une approche combinée, mêlant sécurité renforcée et développement rural, pour s’attaquer aux causes profondes du phénomène.
Au Togo, la région des savanes, particulièrement touchée par les retombées de la crise sécuritaire, bénéficie depuis 2022 d’un programme d’urgence axé sur l’amélioration des conditions de vie. Ce plan a permis l’électrification de 18 localités rurales, favorisant ainsi l’essor économique local et le bien-être des habitants. Parallèlement, l’accès à l’eau potable a été facilité grâce à la construction de forages. L’aide ne s’arrête pas là : 384 jeunes vulnérables ont reçu du matériel agricole, leur ouvrant la voie vers des activités génératrices de revenus. Sur le plan agricole, 1 000 hectares ont été aménagés et 21 000 tonnes d’engrais vivriers distribuées, renforçant la productivité des exploitations locales.
Cette dynamique bénéficie d’un large soutien et vise à toucher un maximum de jeunes vulnérables. Le gouvernement met un point d’honneur à appliquer des critères rigoureux et équitables pour sélectionner les bénéficiaires, en tenant compte des besoins réels des populations concernées. Ces efforts participent à renforcer la confiance des communautés locales et à favoriser une cohésion sociale durable.
De son côté, le Bénin, confronté à des attaques terroristes dans sa région nord, a lancé en 2022 l’opération Mirador, combinant efforts militaires et mesures sociales. En plus du déploiement de 3 000 hommes pour sécuriser la zone, une cellule dédiée soutient des initiatives de développement. Elle a notamment assuré gratuitement les soins vétérinaires à plus de 4 000 têtes de bétail et prodigué des soins médicaux à plus de 1 000 patients. Des infrastructures scolaires ont été rénovées et des forages d’eau construits, renforçant ainsi les services de base.
La Côte d’Ivoire, elle aussi, déploie des programmes de formation et d’autonomisation des jeunes, en particulier dans les zones frontalières du Nord. Des fonds spécifiques financent des projets portés par la jeunesse, et des dispositifs d’insertion facilitent leur accès à l’emploi et aux services essentiels.
Pour l’essayiste nigérien Seidik Abba, ces efforts, bien que louables, restent insuffisants s’ils ne sont pas accompagnés d’une coopération régionale renforcée. « Il est illusoire de penser que le Togo, le Bénin ou la Côte d’Ivoire puissent résoudre seuls la menace terroriste sans une coordination étroite avec leurs voisins comme le Burkina Faso, le Niger ou le Mali », souligne-t-il. Il appelle à un changement de paradigme où la lutte sécuritaire s’inscrit pleinement dans une logique de développement partagé et de justice sociale.
Ainsi, pour enrayer durablement l’expansion du terrorisme dans le Golfe de Guinée, il est crucial d’agir simultanément sur le plan sécuritaire et social, en mettant fin aux inégalités et en renforçant la cohésion au sein des communautés.
La Rédaction

