Face à une nouvelle vague de violences meurtrières en Libye, l’Union africaine (UA) hausse le ton. Samedi, son Conseil de paix et de sécurité a exigé un cessez-le-feu permanent, dénonçant les récentes confrontations entre factions armées à Tripoli, qui ont ravivé les tensions dans un pays en quête de stabilité depuis plus d’une décennie.
Origine des violences
Les affrontements qui ont récemment secoué Tripoli trouvent leur origine dans l’assassinat d’un chef de faction armée par la Brigade 444, un groupe soutenant le Premier ministre Abdulhamid Dbeibah, reconnu par l’ONU. Cette exécution a déclenché une riposte de la force Radaa, une autre milice puissante contrôlant notamment l’aéroport de la capitale. Ces combats illustrent les rivalités intestines entre groupes armés concurrents, exacerbées par la tentative du gouvernement de démanteler certaines milices tout en en épargnant d’autres, notamment la Brigade 444.
Un appel africain à la paix
Réagissant à cette escalade, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a lancé un appel pressant pour un cessez-le-feu « inconditionnel et permanent », exhortant à une « réconciliation inclusive, menée par les Libyens ». L’Union africaine insiste aussi sur la nécessité de mettre fin à toute « ingérence extérieure » qui pourrait entraver ce processus.
Tripoli entre trêve fragile et colère populaire
Malgré l’absence de cessez-le-feu formel, les combats ont cessé la semaine dernière. Le ministère de la Défense a indiqué que des négociations étaient en cours pour parvenir à une trêve. Cependant, la défiance de la population grandit, comme en témoignent les récentes manifestations exigeant la démission de Dbeibah. En toile de fond, la fragmentation de l’autorité entre l’Ouest et l’Est du pays continue d’alimenter l’instabilité.
Une paix entre Libyens, pour les Libyens
La Libye, plongée dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, reste divisée entre deux pouvoirs rivaux. L’initiative de l’Union africaine marque une volonté de replacer le continent au cœur du processus de paix. Mais sans volonté politique locale et sans désarmement réel, les appels au calme risquent de se perdre dans le vacarme des armes.
La Rédaction

