La médecine sportive en Afrique est à un tournant décisif. En février 2025, Abidjan accueillera le Sommet sur les investissements dans les systèmes de santé en Afrique, un événement clé visant à attirer l’attention sur l’importance de développer ce secteur en pleine expansion. Organisé par Semen Africa Consulting, cet événement mettra l’accent sur la nécessité de renforcer les infrastructures et de former des professionnels qualifiés pour soutenir la croissance de la médecine sportive sur le continent.
Avec un marché mondial de la médecine sportive estimé à 379,74 millions de dollars en 2024, et un prévisionnel de 408,22 millions de dollars en 2025, la région du Moyen-Orient et de l’Afrique, bien que modeste, affiche un potentiel de croissance remarquable. Cependant, la médecine sportive en Afrique peine encore à se structurer correctement, avec une carence en infrastructures adaptées et un besoin criant de personnel formé. Le sommet de 2025 vise précisément à répondre à ces défis en mobilisant des ressources et en encourageant les investissements dans ce secteur stratégique.
Dr Laetitia Makita-Ngadi, promotrice de l’événement, a expliqué lors de la conférence de presse du 3 février à Abidjan que ce sommet a pour ambition de transformer la médecine sportive en un secteur rentable et incontournable. Pour elle, il est essentiel de « changer de paradigme » afin de saisir les « opportunités » qu’offre ce secteur en plein essor. Il reste néanmoins un long chemin à parcourir, car à ce jour, seuls l’Afrique du Sud et le Rwanda ont atteint l’objectif de l’Union africaine de consacrer 15 % de leur PIB à la santé.
Le sommet, intitulé « La santé, catalyseur de l’industrie du sport en Afrique », vise à apporter des solutions concrètes pour soutenir ce développement, notamment en favorisant la formation de professionnels, la création d’infrastructures modernes et l’intégration des nouvelles technologies. L’Afrique, avec sa population jeune et active, représente un marché de plus en plus demandeur de services spécialisés dans la santé des sportifs. Les campagnes de promotion de l’activité physique, notamment auprès des jeunes, contribuent à dynamiser cette demande.
Dr Eric Alagban, directeur du centre de médecine du sport de l’INJS d’Abidjan, a souligné l’importance de ce sommet en précisant que l’événement permettra de poser un diagnostic sur l’état actuel du secteur et de définir des stratégies pour son développement futur. Il a rappelé qu’en Côte d’Ivoire, le premier centre de médecine du sport a vu le jour en 1983 à l’INJS, et que de nouveaux projets sont en cours pour ouvrir d’autres centres dans tout le pays, en particulier à proximité des grands stades.
Le sommet de 2025 se veut donc un moment crucial pour propulser la médecine sportive au cœur du développement du sport en Afrique. En réponse aux défis sanitaires et aux contraintes économiques du continent, le secteur privé joue déjà un rôle majeur dans le financement de la santé, représentant environ 60 % des investissements dans ce domaine. Pour que la médecine du sport devienne un véritable moteur économique et social, il est impératif de renforcer les partenariats entre les secteurs public et privé et d’investir massivement dans les infrastructures et la formation des professionnels.
La Rédaction

