Après plusieurs décennies de progrès, la rougeole connaît une recrudescence mondiale qui frappe particulièrement les enfants de moins de cinq ans. Une étude publiée dans Nature Medicine révèle une hausse de 40 % des cas estimés entre 2019 et 2023. En Afrique subsaharienne, les insuffisances de couverture vaccinale exposent des millions d’enfants à une maladie pourtant évitable.
La rougeole retrouve une ampleur préoccupante dans le monde. Selon une étude publiée le 21 octobre 2026 dans Nature Medicine, le nombre estimé de cas chez les enfants de moins de cinq ans est passé de 11,1 millions en 2019 à 15,6 millions en 2023. Les décès auraient atteint 118 000 cette dernière année.
Cette progression révèle les conséquences durables des lacunes vaccinales. En Afrique subsaharienne, où la mortalité liée à la rougeole demeure particulièrement élevée, la difficulté ne consiste plus seulement à organiser des campagnes ponctuelles, mais à atteindre régulièrement chaque nouvelle génération d’enfants.
Des millions d’enfants laissés sans protection
L’étude, fondée sur les données du programme Global Burden of Disease (GBD 2023), couvre 204 pays et territoires sur la période 1990-2023.
Elle montre que la couverture mondiale par une première dose de vaccin est passée de 83,6 % en 2019 à 81 % en 2023. L’Afrique subsaharienne concentre environ la moitié des enfants n’ayant reçu aucune première dose.
Cette situation favorise l’accumulation d’enfants susceptibles de contracter la maladie. Lorsque le virus circule, ces lacunes peuvent provoquer des flambées épidémiques importantes.
La pandémie a fragilisé les programmes vaccinaux
Les perturbations sanitaires liées au Covid-19 ont contribué aux retards de vaccination, notamment à travers les interruptions de services et les difficultés d’accès aux soins.
Mais elles n’expliquent pas à elles seules la recrudescence. Les inégalités territoriales, les conflits et les faiblesses persistantes des systèmes de santé compliquent également la couverture vaccinale.
Une moyenne nationale satisfaisante peut ainsi masquer des districts où de nombreux enfants restent sans protection.
Le rattrapage ne suffit pas
Les campagnes de vaccination permettent de protéger les enfants précédemment manqués. Leur efficacité durable dépend toutefois de services de vaccination réguliers, accessibles jusque dans les communautés éloignées.
Les chiffres publiés restent des estimations statistiques, avec une incertitude plus importante dans les pays où les données sanitaires sont incomplètes.
Pour l’Afrique, l’enjeu est désormais d’éviter que les retards accumulés ne se transforment en une vulnérabilité durable pour toute une génération.
La Rédaction

