L’Union africaine (UA) a salué samedi 28 juin 2025 l’accord de paix signé la veille entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, visant à mettre fin à des décennies de violences dans l’est du Congo. L’annonce officielle, faite à Washington sous l’égide des États-Unis, suscite toutefois scepticisme et prudence, tant du côté des populations que des observateurs.
Une médiation américaine aux enjeux stratégiques
L’accord, signé en présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio, de la cheffe de la diplomatie congolaise Thérèse Kayikwamba Wagner, et de son homologue rwandais Olivier Nduhungirehe, marque une tentative de rapprochement après des années de tensions. L’initiative a été saluée par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, comme une « étape importante vers la désescalade, la paix et la stabilité ».
Le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf, a, lui aussi, exprimé son soutien à ce qu’il décrit comme « une avancée notable » et a souligné « le rôle constructif » joué par Washington. Le président américain Donald Trump n’a pas manqué de qualifier l’événement de « nouveau chapitre d’espoir », tout en révélant que l’accord devrait aussi permettre aux États-Unis d’obtenir des droits d’exploitation minière en RDC.
Des réserves sur le terrain et le sort du M23
Malgré l’enthousiasme diplomatique, les inquiétudes restent vives. Le sort du mouvement rebelle M23, soutenu selon plusieurs rapports onusiens par Kigali, n’a pas été précisé dans le texte. La question du désarmement et de la réintégration des combattants demeure floue.
Dans l’est congolais, en Ituri, au Nord-Kivu ou au Sud-Kivu, les habitants ont appris à se méfier des accords de paix successifs, souvent vite rompus. Depuis plus de 30 ans, cette région convoitée pour ses ressources – notamment le cobalt et le coltan, indispensables aux batteries et équipements électroniques – reste un foyer de conflits récurrents entre groupes armés, milices locales et forces étrangères.
Un accord entre scepticisme et espoir
Si l’accord de Washington pourrait marquer une nouvelle phase de coopération entre Kinshasa et Kigali, de nombreux experts soulignent que la réussite dépendra d’une mise en œuvre rigoureuse, transparente et inclusive. Le rôle de la MONUSCO, la mission des Nations unies, ainsi que celui de la société civile congolaise seront déterminants dans le suivi du processus.
En attendant, les populations de l’est de la RDC restent prudentes : la mémoire des promesses non tenues pèse lourd dans une région meurtrie par des décennies d’instabilité.
La Rédaction

