Les échanges commerciaux en Afrique de l’Ouest connaissent une transformation majeure, portée par les récentes ruptures diplomatiques. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, désormais regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), réorganisent leurs circuits d’approvisionnement après leur départ de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).
Ces pays, sans accès à la mer, dépendaient historiquement des ports de Cotonou au Bénin et d’Abidjan en Côte d’Ivoire. Mais la dégradation des relations avec ces voisins a détourné une partie du trafic vers d’autres ports, notamment ceux de Lomé au Togo et de Conakry en Guinée. En quelques années, ces nouvelles routes se sont consolidées, marquant un basculement dans les flux logistiques de la région.
Toutefois, ce réalignement n’est pas sans obstacles. Les distances rallongées et l’instabilité sécuritaire dans certaines zones augmentent les coûts de transport. Selon des estimations récentes, les frais logistiques ont presque doublé, affectant directement le prix des denrées de base. Cette pression économique inquiète les commerçants, partagés entre l’adaptation à un nouvel environnement et l’incertitude sur l’évolution du marché.
L’AES mise désormais sur le renforcement des infrastructures et la coopération entre ses membres pour stabiliser ces nouveaux circuits. Cette réorganisation commerciale illustre l’impact direct des décisions politiques sur l’économie régionale et pose la question de la résilience des échanges face aux bouleversements géopolitiques.
La Rédaction

