L’administration américaine a lancé une offensive diplomatique qui fait trembler les couloirs des organisations internationales. Début mars, Washington a adressé un questionnaire aux agences bénéficiant de son financement, leur posant une question clé : collaborent-elles avec des « entités associées au communisme » ou recevant des fonds de la Chine ? Les organisations concernées ont jusqu’au 31 août pour répondre, sous peine de voir leurs subventions coupées.
Ce filtrage idéologique suscite une levée de boucliers, notamment de la Chine et de la Corée du Nord, qui dénoncent une chasse aux sorcières digne de la Guerre froide.
Pékin accuse Washington de sabotage
Première visée, la Chine n’a pas tardé à réagir. Sa mission permanente à Genève dénonce une manœuvre visant à « attiser l’exclusion et la confrontation » au sein des institutions onusiennes. « Ces efforts sont guidés par une mentalité de Guerre froide à somme nulle », accuse Pékin, qui y voit une tentative américaine de remodeler l’ONU selon ses intérêts stratégiques.
Derrière cette initiative, Washington cherche à limiter l’influence grandissante de la Chine dans les instances internationales, où Pékin n’a cessé d’accroître sa présence ces dernières années, notamment à travers des financements et des postes-clés dans certaines agences.
Pyongyang crie au maccarthysme
De son côté, la Corée du Nord fustige une offensive idéologique visant à marginaliser les régimes communistes. Pyongyang parle ouvertement de « maccarthysme du XXIe siècle », en référence aux purges anticommunistes menées aux États-Unis dans les années 1950.
Le régime de Kim Jong-un accuse Washington de transformer les organisations internationales en instruments de sa politique étrangère et de punir celles qui entretiendraient des liens avec des nations jugées hostiles.
L’ONU sous pression
Les répercussions de cette enquête ne se limitent pas à un affrontement diplomatique. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui dépend largement des financements américains, est déjà touchée par des coupes budgétaires massives. À Genève, son siège prévoit de supprimer 20 % des emplois, signe d’un durcissement de la politique américaine vis-à-vis des institutions multilatérales.
D’autres organisations sont prises au piège : répondre au questionnaire signifie accepter un contrôle politique de leurs actions, mais refuser expose à des sanctions financières. Certaines ONG, comme le Service international pour les droits de l’homme, ont déjà tranché et refusent de s’y plier.
Un bras de fer aux conséquences lourdes
Derrière cette initiative, Washington envoie un message clair : son argent ne doit plus servir à des programmes liés à des adversaires stratégiques. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et la Chine, sur fond de rivalité commerciale, technologique et géopolitique.
Mais cette politique pourrait aussi se retourner contre les États-Unis eux-mêmes. En cherchant à isoler Pékin et ses alliés, Washington risque de fracturer davantage le système onusien et de pousser certains pays à renforcer leurs alliances en dehors du cadre traditionnel de l’ONU.
Alors que la date limite du 31 août approche, le monde attend de voir qui pliera sous la pression américaine… et qui choisira de s’en affranchir.
La Rédaction

