Dans une étude publiée dans la revue Journal Pharmaceutical Policy and Pratice, un médicament sur cinq distribué en Afrique pourraient être non conforme ou même contrefait. A partir de ces chiffres des chercheurs des universités éthiopiennes de Baher Dar et de Gondar ont passé en revue 27 études publiées exclusivement dans les pays africains entre avril 2017 et mars 2024. Sur 7500 échantillons analysés, plus de 1600 se sont relevés non conformes ou contrefaits.
Sur les 27 études évaluées par les Medecine Quality Assessment Reporting Guidelines (MEDQUARG), 26 avaient une bonne qualité méthodologique. Sur les 7508 échantillons de médicaments, 1639 ont échoué à au moins un test de qualité et ont été confirmés comme étant des médicaments de qualités inférieures et falsifiés et non enregistrés. La prévalence globale estimée des médicaments de qualités inférieures et falsifiés en Afrique était de 22,6 % (1718/7592). La prévalence moyenne des médicaments non enregistrés était de 34,6 % (108/312). Les antibiotiques, les antipaludiques et les antihypertenseurs représentaient respectivement 44,6 % (712/1596), 15,6 % (530/3530), et 16,3 % (249/1530). Environ 60,7 % (91/150) étaient des médicaments antihelminthiques et antiprotozoaires.
La faiblesse des autorisations réglementaires du marché, les zones franches, les mauvais enregistrements, la forte demande et les mauvaises normes d’importation contribuent à la prévalence de ces problèmes. Jusqu’à 500 000 personnes meurent chaque année en Afrique subsaharienne à cause des médicaments contrefaits et de qualités inferieures, selon les estimations publiées en 2023 par l’office des Nations unies contre la drogue et le crime. Entre 72 000 et 169 000 enfants décèdent probablement chaque année d’une pneumonie traitée avec des antibiotiques de qualités inferieures ou falsifiées selon la modélisation établie par les chercheurs de la faculté d’Edimbourg.
Les médicaments de qualité inférieure, falsifiés et non homologués sont très répandus en Afrique et le problème n’a pas été pris en compte. Les antibiotiques, les antipaludiques, les anthelminthiques et les antiprotozoaires sont les médicaments de qualités inférieures, falsifiés et non homologués les plus fréquemment signalés. Un approvisionnement constant en produits de haute qualité, l’amélioration de l’homologation, l’autorisation réglementaire de mise sur le marché et les normes d’importation sont essentiels pour lutter contre ces problèmes en Afrique. La prévention de ces problèmes est le devoir premier de toute nation responsable pour sauver des vies.
La Rédaction

