Le processus visant à instaurer un tribunal chargé de juger les crimes commis durant les guerres civiles libériennes reste enlisé dans des tensions politiques persistantes, malgré une volonté affichée au sommet de l’État.
L’Office pour l’établissement du tribunal des crimes de guerre et économiques OWEC Liberia dénonce des entraves internes qui ralentissent dangereusement la mise en place de cette juridiction attendue depuis plusieurs décennies.
Un projet de justice transitionnelle toujours bloqué
Ce tribunal est destiné à juger les auteurs des atrocités commises entre 1989 et 2003, période au cours de laquelle les conflits armés ont fait environ 250 000 morts et provoqué des déplacements massifs de populations.
Malgré les recommandations formulées par la Commission Vérité et Réconciliation, la mise en œuvre du mécanisme judiciaire demeure freinée par des résistances institutionnelles et politiques profondes.
Des accusations visant des responsables de haut niveau
Selon le directeur exécutif de l’OWEC, Jallah A. Barbu, les blocages ne relèvent plus seulement de lenteurs administratives.
Il affirme que plusieurs responsables occupent des positions clés au sein de l’appareil d’État, citant notamment des figures du ministère de la Justice, du bureau juridique présidentiel et du conseil national de sécurité.
D’après lui, certains de ces acteurs ralentiraient volontairement le processus, soit par crainte de poursuites, soit pour protéger d’anciens acteurs du conflit.
Une volonté politique contrariée
L’OWEC souligne néanmoins l’existence d’une volonté politique au plus haut niveau de l’État, tout en estimant que celle-ci est neutralisée par des résistances internes.
Ces blocages, selon l’institution, menacent directement la crédibilité de l’engagement gouvernemental en faveur de la justice et de la réconciliation nationale.
Une mémoire de guerre toujours sensible
Le projet de tribunal, relancé récemment, vise à combler un vide juridique ancien dans un pays encore marqué par les séquelles profondes de la guerre civile.
La question de la justice reste centrale dans le débat public libérien, où les appels des organisations de la société civile et des partenaires internationaux insistent sur la nécessité de rompre avec des décennies d’impunité.
Un risque de rupture entre promesse et exécution
Malgré les annonces officielles et la création d’un cadre institutionnel dédié, les retards accumulés alimentent les inquiétudes sur la capacité réelle de l’État à traduire les engagements politiques en action judiciaire effective.
Pour les victimes, le risque demeure le même : voir encore différée une justice promise depuis plus de vingt ans.
La Rédaction

