Une explosion survenue à l’aube a semé la panique dans la capitale du Nord-Kivu, où les habitants restent hantés par l’insécurité chronique qui frappe la région.
La ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, a été brutalement réveillée dans la nuit de mardi à mercredi par une puissante explosion survenue peu après 4 heures du matin. Dans plusieurs quartiers, la détonation a tiré les habitants de leur sommeil et provoqué un mouvement de panique, alors que beaucoup ignoraient encore l’origine de l’attaque.
Selon des informations relayées par le mouvement armé AFC-M23, qui contrôle actuellement la ville, l’explosion serait liée à une frappe de drone visant une résidence où séjournaient des agents des Nations unies. Le groupe affirme qu’au moins une personne aurait perdu la vie dans l’attaque, même si ce bilan reste provisoire.
Accusations directes contre Kinshasa
Peu après l’incident, le porte-parole du mouvement, Lawrence Kanyuka, a accusé les autorités de Kinshasa d’être responsables de l’opération. Dans une déclaration diffusée dans la matinée, il a dénoncé ce qu’il présente comme des frappes visant des zones civiles situées en dehors des lignes de front.
Selon lui, l’attaque s’inscrirait dans une série d’opérations militaires menées par le gouvernement congolais dans les zones sous contrôle rebelle. Le responsable du groupe armé affirme que l’explosion s’est produite alors que les habitants dormaient, dénonçant une action qui aurait directement touché des civils.
Pour l’heure, les autorités congolaises ne se sont pas exprimées publiquement sur ces accusations.
Une résidence gravement endommagée
Sur place, les traces de l’explosion sont visibles. La maison visée a subi d’importants dégâts, une partie du bâtiment ayant été détruite par l’impact. L’explosion a également déclenché un incendie qui s’est propagé dans la résidence avant d’être maîtrisé par les équipes de secours.
Le souffle de la déflagration a endommagé plusieurs habitations voisines. Des vitres ont volé en éclats, certains murs ont été fissurés et des débris ont été projetés dans les rues environnantes.
Dans les heures qui ont suivi l’incident, des éléments de la mission des Nations unies ont été déployés dans le secteur afin de sécuriser les lieux et procéder aux premières évaluations.
Une population encore traumatisée
Dans le quartier touché, les témoignages des habitants traduisent une nuit marquée par la peur. Beaucoup racontent avoir été réveillés par une détonation d’une rare intensité.
Prince Akilimali, résident de la zone, explique que plusieurs familles ont cherché refuge à l’intérieur de leurs maisons, certaines se cachant sous les lits ou dans les pièces les plus éloignées de la rue.
Un autre habitant, Isaac Baleke, évoque pour sa part une série de détonations successives qui ont semé la confusion. Selon lui, la violence de l’explosion l’aurait même fait perdre connaissance pendant quelques instants.
Une région toujours sous tension
Cet épisode intervient dans un contexte sécuritaire extrêmement fragile dans l’est de la RDC. Depuis plusieurs mois, les combats opposant les forces gouvernementales à différents groupes armés continuent d’alimenter l’instabilité dans la région du Nord-Kivu.
La présence du mouvement AFC-M23 dans certaines zones et les affrontements sporadiques entretiennent un climat d’incertitude permanent pour les populations civiles.
Pour les habitants de Goma, cette nouvelle explosion rappelle surtout que la paix reste précaire dans une région marquée depuis des décennies par des cycles de violence et de conflits armés.
La Rédaction

