Seuls trois pays africains — l’Égypte, Maurice et la Namibie — proposent aujourd’hui des programmes officiels de résidence ou de citoyenneté contre investissement. Des dispositifs encore discrets, mais qui s’alignent sur une pratique mondiale en pleine expansion.
Dans un monde où mobilité internationale et stratégie patrimoniale deviennent des enjeux majeurs, les golden visas séduisent les investisseurs fortunés. Le principe est simple : obtenir un droit de séjour ou une nationalité en échange d’un investissement dans le pays hôte. Une centaine de pays proposent de tels programmes. En Afrique, seuls trois États ont franchi le pas : l’Égypte, Maurice et la Namibie.
Égypte : la citoyenneté contre 1,5 million de dollars
L’Égypte est aujourd’hui le seul pays du continent à proposer directement l’accès à la citoyenneté par investissement. Depuis 2020, un cadre juridique clair permet aux étrangers fortunés d’obtenir la nationalité sous certaines conditions :
• Un don de 250 000 dollars au Trésor public
• Un investissement immobilier d’au moins 300 000 dollars, conservé pendant 5 ans
• Un investissement de 350 000 dollars dans une entreprise égyptienne, accompagné d’un don de 100 000 dollars
• Un dépôt bancaire de 500 000 dollars, remboursable après trois ans
Tous les transferts doivent être effectués en dollars depuis l’étranger. En plus de ces exigences financières, le candidat doit fournir un certificat médical, un casier judiciaire vierge et prouver la provenance légale des fonds. Le passeport égyptien permet ensuite de voyager dans plusieurs pays sans visa, et d’accéder à l’une des principales économies d’Afrique.
Maurice : la résidence dans un cadre fiscal et naturel privilégié
Maurice, État insulaire de l’océan Indien, ne propose pas la citoyenneté, mais un programme de résidence particulièrement attractif. En contrepartie d’un investissement immobilier de 375 000 dollars minimum dans un projet agréé par l’État, les investisseurs étrangers peuvent obtenir un permis de séjour pour eux et leur famille.
D’autres options existent :
• 50 000 dollars pour obtenir un permis d’investisseur (création d’entreprise)
• 35 000 dollars pour un permis de travail indépendant
• Permis de retraite pour les plus de 50 ans avec un revenu mensuel d’au moins 1 500 dollars
• Permis de travail pour salariés avec un contrat garantissant au moins 667 dollars par mois
Le dossier est instruit par le Conseil de développement économique. La résidence mauricienne permet de vivre, travailler, investir et scolariser ses enfants dans un pays stable, sûr et fiscalement avantageux.
Namibie : de la résidence à la citoyenneté après dix ans
Moins médiatisée, la Namibie propose un programme de résidence par investissement basé sur l’achat de biens immobiliers dans un domaine résidentiel écologique situé à Walvis Bay.
Conditions d’accès :
• Investissement minimum de 365 000 dollars pour un bien immobilier dans le “President’s Links Estate”
• Ou 300 000 dollars pour un logement de retraite (à partir de 60 ans)
Ce programme donne droit à un permis de résidence de 5 ans, renouvelable. Au bout de 7 ans de détention du bien, l’investisseur peut demander la résidence permanente, puis la nationalité namibienne après 10 ans. Les conditions incluent un examen médical, un casier judiciaire vierge, des preuves de la légalité des fonds, ainsi qu’un plan d’utilisation du bien acquis.
Un marché sélectif, mais stratégique
Dans ces trois pays, les conditions sont strictes et l’accès reste réservé à une minorité disposant d’un capital conséquent — entre 300 000 et 1,5 million de dollars selon les cas. Mais l’enjeu est de taille : attirer des flux financiers, dynamiser les investissements locaux et moderniser l’image économique du pays.
Ces programmes restent controversés, notamment en raison de leur sélectivité. Mais pour les pays qui les adoptent, ils constituent un levier efficace de diversification économique et de développement ciblé. D’autres États africains pourraient bientôt leur emboîter le pas.
La Rédaction

