Menacée par de lourdes taxes américaines, l’Afrique du Sud engage une dernière tentative diplomatique pour protéger ses secteurs stratégiques.
À l’approche d’une échéance cruciale, Pretoria joue sa dernière carte. Le président Cyril Ramaphosa a contacté mercredi matin son homologue américain Donald Trump, dans le but d’empêcher l’entrée en vigueur de droits de douane de 30 % sur plusieurs produits sud-africains.
Cette initiative présidentielle intervient alors que les États-Unis envisagent de taxer fortement les exportations sud-africaines, notamment dans les domaines de l’agroalimentaire, de l’automobile et du textile. D’après le gouvernement sud-africain, près de 100 000 emplois pourraient disparaître si ces sanctions étaient appliquées.
Enjeu économique et bras de fer politique
Derrière la menace tarifaire, plusieurs contentieux se dessinent. Washington critique ouvertement la politique sud-africaine de transformation économique (affirmative action), jugée discriminatoire par certains responsables américains. La position sud-africaine sur le conflit à Gaza ajoute une couche de tension politique à une relation déjà complexe.
Mais pour Pretoria, céder n’est pas une option. La ministre de la Présidence, Khumbudzo Ntshavheni, a été catégorique : « L’agenda de transformation du pays n’est pas négociable. » Ce refus d’infléchir la ligne politique intérieure risque toutefois de compliquer les discussions.
Les négociations se poursuivent
Malgré la tension, les équipes techniques des deux pays poursuivent les pourparlers. Objectif : trouver un terrain d’entente avant que les nouvelles taxes n’entrent en vigueur. Les États-Unis représentent le deuxième marché d’exportation de l’Afrique du Sud, juste derrière la Chine. L’enjeu économique est donc majeur.
Une absence d’accord pourrait non seulement déstabiliser les filières industrielles concernées, mais aussi raviver les dissensions internes au sein de la coalition gouvernementale, déjà fragilisée par une situation sociale tendue.
La Rédaction

