La course pour la présidence de la Banque africaine de développement (BAD) s’intensifie alors qu’un successeur à Akinwumi Adesina sera élu en mai 2025. Plusieurs candidats d’envergure sont en lice, et un président francophone pourrait émerger, parmi lesquels Romuald Wadagni, ministre des Finances du Bénin, se distingue.
Depuis sa création en 1964, la BAD est devenue une institution panafricaine incontournable, pilotant des projets ambitieux dans des domaines aussi variés que l’infrastructure, l’énergie, la santé et l’éducation. L’organisation rassemble aujourd’hui 54 pays africains et 27 partenaires internationaux, créant ainsi une gouvernance complexe et stratégique où chaque membre, africain ou non, influence les décisions selon son poids financier.
Avec une élection imminente, la francophonie pourrait connaître un regain d’influence au sein de la BAD, alors que certains États d’Afrique questionnent la place du français dans leur environnement officiel. En outre, cette élection revêt un caractère stratégique pour les membres de la BAD, qui voient dans cette présidence l’occasion de renforcer leurs intérêts économiques et diplomatiques.
Romuald Wadagni et Samuel Munzele Maimbo : deux poids lourds de la finance africaine en compétition
Deux figures dominent la course : Romuald Wadagni du Bénin et Samuel Munzele Maimbo de Zambie. Wadagni, reconnu pour ses réformes audacieuses qui ont dynamisé l’économie béninoise, a propulsé le Bénin sur les marchés financiers internationaux, notamment avec un eurobond aligné sur les Objectifs de Développement Durable en 2021. Sa crédibilité en matière de finance durable et son ancrage régional le placent en favori.
De son côté, Samuel Munzele Maimbo, ancien vice-président à la Banque mondiale, a une vaste expérience internationale. Cependant, son profil anglophone et son manque de liens directs avec le continent pourraient limiter son attrait auprès des électeurs de la BAD, pour qui un ancrage africain est un atout essentiel.
Autres challengers : Abbas Mahamat Tolli et Amadou Hott
Les candidatures d’Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), et d’Amadou Hott, ancien ministre sénégalais de l’Économie, incarnent la volonté des élites africaines de conserver leur influence au sein de la BAD. Tolli est reconnu pour ses réformes, malgré des accusations de népotisme qui entachent sa candidature. Quant à Hott, il est soutenu par des personnalités influentes mais doit encore lever certaines réserves autour de son image publique.
Entre continuité et renouveau : Bajabulile Swazi Tshabalala et Ousmane Mamoudou Kane en embuscade
Bajabulile Swazi Tshabalala de l’Afrique du Sud, ancienne vice-présidente de la BAD, et Ousmane Mamoudou Kane, ex-ministre de la Mauritanie, représentent une continuité. Tshabalala, forte de son expérience dans la finance sud-africaine et africaine, pourrait rééquilibrer les relations au sein de la BAD mais se heurte aux ambitions des autres candidats régionaux. Kane, quant à lui, bénéficie d’une longue carrière au sein de la BAD, bien que le soutien officiel de son gouvernement manque encore pour solidifier sa candidature.
Une décision déterminante pour l’avenir de l’Afrique
L’élection du prochain président de la BAD s’annonce comme une bataille où compétences, stratégies et influences seront décisives. Le choix de ce leader influencera des domaines clés tels que la diversification économique, la lutte contre la pauvreté et les réponses aux défis climatiques du continent. Dans six mois, les électeurs auront à désigner celui ou celle qui guidera la BAD dans une nouvelle phase de son développement, déterminant ainsi le visage de l’Afrique de demain.
La Rédaction

