L’Accord de libre-échange continental africain (ZLECA) est perçu comme une initiative prometteuse pour unifier les marchés du continent africain, en supprimant les barrières commerciales et en facilitant les échanges intra-africains. Pourtant, malgré l’optimisme initial, de nombreux obstacles persistent, menaçant de ralentir la réalisation de ses objectifs. Carlos Lopes, professeur à la Nelson Mandela School of Public Governance de l’Université du Cap et membre du Conseil consultatif, souligne que, historiquement, la ZLECA progresse plus rapidement que les autres zones de libre-échange qui l’ont précédée sur le continent.
Construire un avenir sans frontières pour l’Afrique
La vision de la ZLECA est celle d’un continent où les frontières ne seraient plus qu’une formalité, facilitant les transactions économiques entre les nations africaines. Les dirigeants africains aspirent à une Afrique où, par exemple, un consommateur ivoirien pourrait facilement acquérir un produit fabriqué au Mozambique, et où une voiture assemblée en Afrique du Sud coûterait moins cher à un Algérien qu’un modèle importé d’Europe ou d’Asie. Cette vision a commencé à prendre forme à Kigali en 2018, lors de la signature de l’accord, marquant un tournant dans les relations commerciales entre les États africains. Cependant, des défis considérables restent à surmonter, comme les infrastructures logistiques insuffisantes, les disparités réglementaires et la volonté politique inégale entre les pays.
Un projet au cœur de l’Agenda 2063 de l’Union africaine
La ZLECA s’inscrit pleinement dans les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, une vision stratégique pour transformer le continent en un espace intégré, prospère et pacifique. Cet agenda met l’accent sur une croissance économique inclusive, la modernisation des infrastructures et le renforcement de la coopération régionale. La ZLECA en est un pilier, cherchant à stimuler le commerce intra-africain et à faire du continent un acteur plus influent sur la scène commerciale mondiale.
Accélérer le commerce intra-africain et renforcer la compétitivité de l’Afrique
L’Accord vise à accroître de manière significative les échanges commerciaux entre les pays africains, en les rendant plus fluides et plus efficaces. En doublant le commerce intra-africain d’ici quelques années, la ZLECA espère offrir un levier de croissance et de développement durable, tout en renforçant la position collective de l’Afrique lors des négociations internationales. À travers cet accord, les pays africains ambitionnent de s’attaquer aux coûts élevés des transactions commerciales et de dynamiser les chaînes de valeur régionales pour créer de nouveaux débouchés économiques.
Une réalité encore semée d’embûches
Malgré ses promesses, la mise en œuvre de la ZLECA reste complexe. Plusieurs pays peinent encore à aligner leurs cadres réglementaires et à lever les barrières tarifaires et non tarifaires. Par ailleurs, les défis liés aux infrastructures, à la logistique et à la connectivité numérique freinent les échanges commerciaux sur le continent. La disparité économique entre les nations les plus avancées et celles dont les économies restent fragiles pose également des questions sur la capacité à bénéficier équitablement de cette intégration.
Une vision à concrétiser
La ZLECA représente un pas majeur vers l’intégration économique de l’Afrique, avec la perspective d’un marché commun capable de rivaliser avec les autres régions du monde. Cependant, la route vers la concrétisation de cette vision reste longue et parsemée de défis. La réussite de cet accord dépendra de la volonté des États africains de coopérer de manière étroite, de renforcer leurs infrastructures et de surmonter les divergences économiques et réglementaires. Si ces obstacles sont surmontés, la ZLECA pourrait réellement transformer le commerce sur le continent et offrir de nouvelles perspectives de croissance. Mais pour l’instant, l’Afrique doit encore s’engager pleinement dans ce processus pour transformer ce rêve en réalité tangible
La Rédaction

