Les chiffres glaçants peinent à éveiller les consciences. En 2023, selon les dernières données de l’UNICEF, 4,8 millions d’enfants de moins de cinq ans sont morts dans le monde. L’Afrique de l’Ouest et du Centre concentrent à elles seules 40 % de ces décès. À l’ombre des projecteurs, ces deux régions vivent une hécatombe silencieuse qui n’a rien d’une fatalité.
Pour mobiliser les professionnels des médias face à cette urgence, l’UNICEF, en collaboration avec le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), a organisé une rencontre en ligne axée sur la santé maternelle, néonatale et infantile. Une initiative qui rappelle que chaque ligne écrite ou chaque micro ouvert peut contribuer à sauver des vies.
Des maladies évitables, des décès évitables
Le Dr Tomomi Kitamura, spécialiste santé au bureau régional de l’UNICEF, a listé les principales causes de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans : paludisme, infections respiratoires, diarrhée, prématurité et asphyxie à la naissance. Des causes bien connues, parfaitement évitables et traitables. Ce constat soulève une question dérangeante : pourquoi meurt-on encore de maladies aussi courantes en 2025 ?
Des soins néonatals trop peu accessibles
Le Pr Mariam Sylla, présidente des pédiatres francophones et praticienne au Mali, insiste sur les soins essentiels à apporter dès la naissance. Elle appelle à renforcer le suivi médical des femmes enceintes, en particulier à travers les quatre visites prénatales recommandées par l’OMS. L’objectif : détecter précocement les complications et offrir aux mères un accompagnement sûr jusqu’à l’accouchement.
Le Pr Papa Moctar Faye, vice-président de l’Association néonatale africaine, souligne l’absence criante d’unités néonatales dans de nombreux établissements de santé. Il met en lumière les risques liés à la prématurité et aux infections mal prises en charge. Pour inverser la tendance, il appelle à doter davantage de structures de soins adaptés et plaide en faveur de la méthode du « soin kangourou », une technique simple de contact peau à peau entre la mère et l’enfant. Elle pourrait, à elle seule, sauver plus de 150 000 vies par an.
Informer, un devoir de vie
La Journée mondiale de la santé, célébrée chaque 7 avril, a servi de toile de fond à cette rencontre. À cette occasion, les journalistes du REMAPSEN ont été appelés à renforcer la production de contenus dédiés à la santé maternelle et infantile. L’information, dans ces contextes, n’est pas un luxe : c’est un outil de prévention, d’éducation et de survie.
La Rédaction

