La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a livré un message sans équivoque face aux pressions américaines. Devant des travailleurs pétroliers de l’État d’Anzoátegui, elle a dénoncé ce qu’elle considère comme une ingérence directe de Washington dans la politique vénézuélienne, affirmant : « Assez des ordres des puissances étrangères ».
Cette déclaration survient dans un contexte tendu, marqué par l’enlèvement de l’ancien président Nicolás Maduro et la recomposition du pouvoir exécutif vénézuélien sous l’œil vigilant de Washington. Rodríguez insiste sur le fait que les conflits internes doivent être résolus par le Venezuela lui-même, et non par des directives extérieures, rappelant le lourd tribut payé par le pays face à l’extrémisme et aux crises politiques successives.
Entre fermeté et pragmatisme économique
Si la présidente par intérim affiche une posture nationaliste, elle n’en demeure pas moins pragmatique. Depuis son accession au pouvoir, elle a signé des accords pétroliers avec des entreprises américaines et engagé la première réforme de la loi sur les hydrocarbures depuis la nationalisation de 2007. Cette réforme pourrait mettre fin à plusieurs décennies de contrôle étatique sur les plus grandes réserves de pétrole au monde, tout en rassurant les investisseurs étrangers sur la stabilité du secteur.
En ciblant directement les travailleurs pétroliers, Rodríguez cherche à affirmer la souveraineté du Venezuela tout en montrant que l’économie nationale reste un levier stratégique dans ses négociations internationales.
Libérations et dialogue national
Sur le plan intérieur, la présidente par intérim a annoncé la libération d’au moins 626 prisonniers politiques, tout en appelant à un dialogue avec l’opposition. Elle dénonce la manipulation de certains chiffres et plaide pour que la réconciliation et la résolution des tensions passent par un processus strictement national, renforçant ainsi la crédibilité de son pouvoir.
Une souveraineté revendiquée
En proclamant “assez” à Washington, Delcy Rodríguez tente de redéfinir le rôle du Venezuela sur la scène internationale : un État capable de gérer ses affaires, d’ouvrir son économie de manière stratégique et de pacifier son climat politique, sans directives étrangères. Le pays observe désormais si cette posture permettra de stabiliser durablement la transition ou si elle attisera les tensions avec les États-Unis.
La Rédaction

