Dans son rapport 2024, publié en janvier 2025 à l’occasion du Forum économique mondial de Davos, Oxfam met en lumière une réalité préoccupante : la richesse des milliardaires a augmenté de 2 000 milliards de dollars en 2024, une hausse trois fois plus rapide que celle de l’année précédente. En parallèle, près de 44 % de la population mondiale continue de vivre sous le seuil de pauvreté, soit moins de 6,85 dollars par jour, une situation qui n’a pratiquement pas évolué depuis 1990. Ce constat d’Oxfam dévoile un fossé grandissant entre une élite de plus en plus riche et une majorité de plus en plus vulnérable.
Une croissance fulgurante de la richesse des plus riches
L’année 2024 a été marquée par une explosion de la richesse des milliardaires. Selon le rapport d’Oxfam, la fortune des plus riches a augmenté de manière vertigineuse, atteignant 2 000 milliards de dollars supplémentaires, soit trois fois plus que l’année précédente. Ce phénomène découle de plusieurs facteurs, notamment la reprise des marchés financiers et l’accumulation d’actifs dans des secteurs tels que la technologie et l’immobilier.
Alors que la richesse des milliardaires atteint des sommets inédits, le rapport d’Oxfam alerte également sur une tendance inquiétante : la prévision de l’émergence de cinq trillionaires d’ici une décennie, contre un seul prévu initialement. Ce phénomène de concentration des richesses accentue les inégalités mondiales et fait peser un lourd fardeau sur les populations les plus vulnérables.
La pauvreté : une réalité persistante et accablante
Si la richesse des milliardaires est en pleine expansion, la pauvreté, elle, continue de sévir dans le monde entier. Le rapport souligne que 44 % de l’humanité vit toujours en dessous du seuil de pauvreté défini par la Banque mondiale, une situation figée depuis des décennies. En 2024, cette population continue de survivre avec moins de 6,85 dollars par jour, un montant largement insuffisant pour satisfaire les besoins essentiels.
Malgré des efforts internationaux pour éradiquer la pauvreté, la situation reste préoccupante. L’inflation, la crise économique mondiale et la hausse des prix des denrées alimentaires ont eu un impact dévastateur sur les populations les plus pauvres, sans que l’on ne voie de progrès significatif depuis 1990. Oxfam met en évidence une stagnation alarmante dans la lutte contre la pauvreté, alors même que la croissance économique mondiale continue de favoriser une minorité très riche.
L’appel à une réforme économique globale
Face à ce constat, Oxfam appelle à une réforme radicale des systèmes économiques mondiaux. L’ONG exhorte les gouvernements à réformer les règles économiques de manière à ce que les revenus des 10 % les plus riches ne dépassent pas ceux des 40 % les plus pauvres. Pour y parvenir, elle préconise une refonte des systèmes fiscaux mondiaux, incluant une lutte plus agressive contre l’évasion fiscale et une redistribution plus équitable des richesses générées par la croissance économique.
Un modèle économique à réinventer
Le rapport d’Oxfam met en lumière une réalité économique de plus en plus intolérable : la richesse des plus riches ne cesse d’augmenter, tandis que la pauvreté touche encore des milliards de personnes, souvent sans amélioration significative depuis plusieurs décennies. Cette situation met en évidence l’urgence de repenser le modèle économique mondial, pour un avenir où la richesse serait mieux répartie et où chacun aurait la possibilité de vivre dignement.
Si les milliardaires continuent de s’enrichir à une vitesse record, l’écart de plus en plus béant entre les riches et les pauvres menace non seulement la stabilité économique mais aussi la cohésion sociale mondiale. Pour éviter un effondrement du système et garantir une prospérité partagée, une révision radicale de la manière dont les richesses sont distribuées est devenue une urgence absolue.
La Rédaction

