L’Allemagne et le Canada ont suspendu leur aide au développement au Rwanda, dénonçant le soutien présumé de Kigali au groupe rebelle M23, actif dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Une décision qui accentue la pression internationale sur le gouvernement rwandais.
Berlin durcit le ton
Mardi, Berlin a annoncé la suspension de nouvelles aides au développement destinées au Rwanda. Le gouvernement allemand a déclaré « condamner fermement » l’offensive du M23, qui a récemment pris le contrôle de plusieurs localités congolaises, dont Goma et Bukavu. L’ONU accuse les forces rwandaises d’appuyer ces combattants, une affirmation que Kigali réfute.
Svenja Schulze, ministre allemande du Développement, a précisé que cette décision s’accompagnerait d’un réexamen des projets de coopération en cours, d’une suspension de la participation de hauts responsables allemands aux événements organisés par le gouvernement rwandais et d’une réflexion sur d’éventuelles mesures à prendre dans le cadre des programmes multilatéraux. Kigali avait été informé à l’avance de cette décision, selon Berlin.
Ottawa emboîte le pas
Lundi, le Canada a lui aussi pris position en condamnant la présence militaire rwandaise en RDC et son soutien au M23, une implication qui constitue, selon Ottawa, « une violation flagrante de l’intégrité territoriale et de la souveraineté » de Kinshasa.
Cette annonce place Kigali dans une situation délicate, alors que le Royaume-Uni avait déjà gelé son aide au développement au Rwanda fin février, invoquant les mêmes accusations. En réponse, Kigali a exigé que Londres verse le solde de l’accord avorté sur l’expulsion de migrants rwandais.
Face à ces suspensions d’aide et aux pressions internationales croissantes, le Rwanda continue de nier toute implication militaire en RDC. Mais ces décisions pourraient fragiliser sa position diplomatique et financière dans les mois à venir.
La Rédaction

