Le recensement biométrique figure parmi les initiatives majeures du gouvernement togolais dans le cadre de sa feuille de route visant à attribuer à chaque résident et citoyen un numéro d’identification unique. Ce projet a pour objectif d’améliorer l’efficacité des programmes de protection sociale et d’inclusion financière à travers le pays.
Soutenu par un financement de 72 millions de dollars de la Banque mondiale, le projet s’inscrit dans le programme WURI-Togo (West Africa Unique Identification for Regional Integration and Inclusion). Ce programme ambitionne de doter chaque résident d’un identifiant unique, tout en renforçant la gouvernance et les capacités administratives du Togo.
Des conditions de travail remises en cause
Dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet, des opérateurs d’enregistrement biométrique (OPE) ont été recrutés pour déployer les opérations sur le terrain. Ces agents, initialement engagés pour une durée d’un mois renouvelable, devaient bénéficier d’un contrat global de huit mois avec une rémunération mensuelle de 170 000 F CFA. Ce montant comprenait un salaire de base de 140 000 F CFA et une indemnité de logement de 30 000 F CFA.
Cependant, de nombreux agents ont exprimé leur mécontentement face à des modifications unilatérales des conditions contractuelles. Ils ont rapporté qu’un nouveau document, aux clauses beaucoup moins avantageuses, leur avait été imposé sans consultation préalable. En réaction, les opérateurs ont tenté de s’organiser pour demander une audience avec le Directeur général par intérim de l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED) afin d’obtenir des éclaircissements.
Déroulement des opérations
Le recensement biométrique a officiellement débuté par une phase de formation en novembre 2024, organisée dans plusieurs villes du pays, notamment Tsévié, Atakpamé, Sokodé, Kara et Dapaong. Ces sessions visaient à préparer les agents à enregistrer les données biométriques des populations selon les standards définis par le projet.
Le lancement effectif des activités sur le terrain a eu lieu le 2 décembre 2024, dans la zone 1, couvrant les préfectures de Tône et Cinkassé, situées dans le nord du Togo. Cette première étape marque le début d’un processus censé s’étendre progressivement aux autres régions du pays.
Une initiative saluée, mais controversée
Si le recensement biométrique est perçu comme une avancée significative pour moderniser l’administration publique et renforcer l’accès aux services sociaux, les tensions entre l’INSEED et les agents recrutés soulignent des défis dans la mise en œuvre du projet. Les dénonciations liées au non-respect des engagements contractuels risquent d’entacher la confiance nécessaire au bon déroulement des opérations.
La Rédaction

