Dans le sud du Togo, Vo-Koutimé est une terre de traditions et d’abondance. Connue pour ses cultures agricoles, elle s’impose surtout comme le fief incontesté du gari, cette farine de manioc prisée dans tout le pays. Mais au-delà de sa renommée culinaire, cette localité puise sa force dans une histoire singulière, entre légende et enracinement dans la terre.
Quand une source d’eau donne naissance à un village
Les récits des anciens rapportent que Togbé Kotokou, un voyageur venu du royaume d’Agokoli à Notsè, s’arrêta ici avec ses compagnons. Assoiffé après un long périple, il erra jusqu’à trouver une source d’eau fraîche, aujourd’hui appelée “Boko”. Ce simple point d’eau changea son destin : plutôt que de poursuivre sa route, il décida de s’établir sur ces terres fertiles, marquant ainsi la naissance de Vo-Koutimé.
Une terre propice à l’agriculture et à l’essor du gari
Très vite, les premiers habitants comprirent que cette région offrait un potentiel agricole exceptionnel. Le manioc, en particulier, s’y développa à merveille, donnant naissance à un savoir-faire unique : la transformation artisanale du gari. Produit sous diverses textures et apprécié pour sa conservation longue durée, il devint la signature de Vo-Koutimé.
Aujourd’hui, la localité est l’un des rares endroits du Togo à posséder un marché exclusivement dédié au gari, attirant commerçants et consommateurs de tout le pays. Outre cette spécialité, les cultures de maïs, de patate douce et d’haricot prospèrent également, renforçant le rôle de Vo-Koutimé comme pilier agricole.
Une identité locale fièrement revendiquée
Si Vo-Koutimé est célèbre pour son gari, ses habitants tiennent aussi à préserver son nom et son histoire. “Il n’existe pas de Vogan-Koutimé, mais bien Vo-Koutimé, comme Vo-Kponou ou Vo-Tokpli”, insiste Togbui Akakpo Zouméké II, chef du canton.
Aujourd’hui, entre traditions et modernité, Vo-Koutimé perpétue son héritage. Du gari qui fait sa fierté à la mémoire de Togbé Kotokou, ce village incarne la richesse d’un terroir où chaque grain de manioc porte en lui un fragment d’histoire.
La Rédaction

