Face à la disparition accélérée de ses forêts et de ses espèces, le Togo déploie un plan ambitieux pour protéger son patrimoine naturel. Le pays, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), vient de lancer le processus de conception de son plan national de financement de la biodiversité, un outil stratégique destiné à concilier développement économique et préservation de l’environnement.
Un plan innovant pour un capital naturel menacé
L’initiative a pour objectif de renforcer l’efficacité des dépenses publiques et de stimuler l’investissement privé responsable dans la conservation des écosystèmes. En mettant en place des mécanismes financiers novateurs, le Togo cherche à créer un cadre crédible et incitatif pour la protection durable de sa biodiversité, tout en valorisant ses ressources naturelles de manière responsable.
Au cœur de cette démarche se trouve la volonté de fournir aux décideurs un outil stratégique capable d’orienter les politiques publiques et les projets d’investissements, en assurant un équilibre entre croissance économique, justice sociale et durabilité environnementale.
Une urgence face à la déforestation et au braconnage
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Entre 2021 et 2024, le pays a perdu près de 82 000 hectares de forêts, victimes de l’expansion agricole, de l’exploitation illégale, du braconnage et de l’urbanisation galopante. Cette érosion rapide des habitats naturels met en péril plusieurs espèces emblématiques et fragilise les services écosystémiques essentiels, tels que la régulation de l’eau, la fertilité des sols et la séquestration du carbone.
Vers un modèle togolais de financement durable
Le plan national vise également à positionner le Togo comme un acteur régional exemplaire dans la mobilisation de fonds pour la biodiversité. Il encouragera la création de partenariats public-privé, l’accès à des financements internationaux et l’innovation dans les instruments économiques de conservation.
En adoptant cette approche, le Togo ne se contente pas de préserver ses écosystèmes : il cherche à transformer la biodiversité en un levier de développement durable, garantissant à la fois la sécurité alimentaire, la résilience climatique et la prospérité économique pour les générations futures.
La Rédaction

