À Lomé, les partenariats public-privé ne seront pas seulement présentés comme une solution possible au financement des infrastructures. Ce jeudi 3 septembre 2026, une conférence de haut niveau doit surtout poser les bases d’une utilisation plus systématique des PPP dans la conduite des projets publics togolais.
Organisée à l’Hôtel 2 Février par les autorités togolaises en collaboration avec le Club PPP MedAfrique, la rencontre doit réunir plus de 300 participants, parmi lesquels responsables publics, investisseurs, experts et représentants du secteur privé.
Passer du principe à la pratique
Le Togo utilise déjà des montages associant capitaux publics et privés dans plusieurs projets structurants. Mais la conférence de Lomé veut aller plus loin en donnant aux administrations des méthodes pour identifier, préparer et suivre des projets pouvant relever d’un partenariat public-privé.
Trois tables rondes doivent notamment examiner la place des PPP dans la politique de développement du pays, les différents modèles de contrats et leurs mécanismes de financement, ainsi que des projets concrets et retours d’expérience.
L’enjeu est important dans un contexte où les besoins en infrastructures restent élevés alors que les États cherchent à limiter la pression exercée sur leurs finances publiques. Les PPP permettent, lorsqu’ils sont correctement structurés, de mobiliser des capitaux privés pour financer certains équipements tout en répartissant les responsabilités et les risques entre l’administration et ses partenaires.
Un projet pilote par ministère
La dimension la plus concrète de la conférence réside dans les engagements annoncés autour de l’administration togolaise. Le programme prévoit notamment la perspective de faire émerger un projet pilote de PPP par ministère dans un délai de 90 jours.
Une analyse de l’opportunité d’un partenariat public-privé pourrait également devenir obligatoire pour certains projets dépassant un seuil déterminé. Des formations pratiques destinées aux administrations sont envisagées dans les six mois suivant la rencontre.
Le lancement du Club PPP Togo doit compléter ce dispositif afin de créer un cadre permanent d’échanges entre administrations, investisseurs, entreprises et spécialistes du financement.
Trouver de nouveaux leviers pour les investissements publics
Le pays dispose déjà de références importantes en matière de coopération avec des opérateurs privés. La Plateforme industrielle d’Adétikopé, la centrale solaire de Blitta ou encore Kekeli Efficient Powerfigurent parmi les projets régulièrement cités dans cette dynamique.
La conférence doit ainsi servir moins à découvrir le principe des PPP qu’à déterminer comment en faire un instrument mieux intégré à la programmation des investissements publics.
Pour le Togo, la question sera aussi celle de l’équilibre : attirer davantage de capitaux privés et accélérer la réalisation des infrastructures, tout en conservant des contrats soutenables pour l’État et suffisamment protecteurs de l’intérêt public.
À Lomé, les PPP semblent donc entrer dans une nouvelle phase. Après les premières expériences, l’objectif est désormais de disposer d’un véritable mode d’emploi institutionnel permettant aux ministères de savoir quand, comment et pour quels projets recourir au secteur privé.
La Rédaction
Sources : Gouvernement togolais ; République togolaise ; Club PPP MedAfrique ; plateforme officielle de la Conférence PPP Togo 2026.

