Lomé, 15 octobre 2025. Ce mercredi marque le début d’une étape institutionnelle majeure pour le Togo. Après plusieurs semaines d’attente, les conseillers municipaux élus en juillet procèdent à la désignation des maires et de leurs adjoints à travers tout le pays. Du 15 au 17 octobre, chaque commune choisira son exécutif, scellant ainsi le passage vers une gouvernance locale pleinement opérationnelle.
Un scrutin interne sous haute attention
Longtemps repoussée, l’élection des exécutifs municipaux se déroule enfin selon le calendrier fixé par le ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des territoires. Les conseillers municipaux, proclamés définitivement élus par la Cour suprême, sont convoqués par les préfets pour voter à bulletin secret.
Ce scrutin interne, à huis clos, attire une attention particulière car il détermine les nouveaux visages du pouvoir local pour les cinq années à venir.
UNIR consolide sa domination locale
Sorti grand vainqueur des élections municipales du 17 juillet 2025, le parti au pouvoir, Union pour la République (UNIR), détient environ 75 % des sièges de conseillers municipaux. Cette majorité lui assure une position dominante dans la majorité des 117 communes.
Cependant, certaines circonscriptions, notamment dans le Grand Lomé et dans quelques zones du centre et du nord, pourraient réserver des surprises en raison de rivalités locales ou d’alliances inattendues entre élus indépendants et minoritaires.
Lomé, scène d’équilibres politiques fragiles
La commune Golfe 4 demeure la plus observée du pays. Jean-Pierre Fabre, maire sortant et figure de l’opposition, y joue une carte décisive pour conserver la direction d’un conseil municipal recomposé. L’issue de ce vote aura une forte portée symbolique sur la place de l’opposition dans la gestion locale togolaise.
La décentralisation prend corps
Pour les autorités, cette phase marque l’achèvement d’un processus lancé il y a plusieurs années : rendre les communes autonomes dans leur administration et leur développement. Les nouveaux maires devront désormais porter des politiques concrètes dans les domaines de la gouvernance locale, de l’assainissement, de la participation citoyenne et de l’économie territoriale.
Cette étape, technique en apparence, traduit un changement profond : les communes deviennent les véritables laboratoires de la République locale.
Le pouvoir de décision s’ancre davantage dans les territoires, et l’efficacité de la décentralisation se mesurera désormais à la capacité de ces nouveaux exécutifs à transformer le quotidien des citoyens.
La Rédaction

