Dans les zones caféières du Togo, le climat capricieux de cette saison laisse craindre une campagne de production désastreuse. La floraison du café, moment clé du cycle agricole, pourrait bien être compromise.
Dans les régions d’Amou, d’Akébou et des Plateaux, les producteurs de café tirent la sonnette d’alarme : la chaleur excessive et l’absence inhabituelle de pluie ont mis à mal le calendrier de floraison du café. Or, cette floraison, qui ne survient qu’une fois l’an, conditionne toute la récolte.
« Une fois que la floraison est ratée, c’est parti pour l’année prochaine », explique un caféiculteur, la voix lourde d’inquiétude.
Les pluies attendues entre janvier et mars sont essentielles : elles déclenchent la floraison, maintiennent les fleurs en vie, puis soutiennent la formation des cerises de café. Cette année, non seulement les précipitations ont fait défaut, mais une chaleur anormale a desséché les espoirs.
Contrairement au cacao, qui peut parfois compenser une mauvaise saison si les conditions s’améliorent, le café ne pardonne pas : pas de floraison, pas de cerises, donc pas de récolte.
« En janvier, on a eu quelques floraisons avec les petites pluies, mais sans la suite des pluies en février et mars, tout s’est desséché. Cette année, les caféiers n’ont pratiquement rien donné », déplorent les producteurs des Plateaux.
Les conséquences sont lourdes : perte de revenus, endettement, fragilisation des familles rurales. À cela s’ajoute la nécessité de repenser entièrement le modèle agricole face au changement climatique, devenu une menace directe sur les cultures de rente.
Des voix s’élèvent pour promouvoir l’agroforesterie, une solution durable visant à reverdir les zones forestières et à restaurer un microclimat favorable. La replantation d’arbres autour des caféiers permettrait non seulement de réguler l’humidité et la température, mais aussi de protéger les sols contre l’érosion.
Il ne s’agit plus d’alerter, mais d’agir. Sans politiques climatiques adaptées au terrain, la filière café togolaise pourrait s’effondrer à moyen terme, emportant avec elle un pan essentiel de l’économie rurale.
La Rédaction

