Au Togo, protéger les enfants contre les abus et l’exploitation n’est plus seulement une question de texte légal : c’est désormais un défi opérationnel. Qu’il s’agisse de leur implication dans les conflits armés, de la vente d’enfants, de la prostitution ou de la pornographie, la question des droits des enfants exige des réponses concrètes et accessibles.
Depuis 2020, le Togo dispose d’un mécanisme national de gestion des plaintes adapté aux enfants. Conçu pour recevoir, examiner et enquêter sur les signalements d’abus, ce dispositif garantit la confidentialité, la sécurité et une prise en charge respectueuse de la sensibilité des victimes. Il inclut également des missions de suivi, de vérification et de prévention, pour améliorer la réponse institutionnelle aux violations des droits de l’enfant.
Cependant, quatre ans après son lancement, le mécanisme reste insuffisamment connu des professionnels de la protection de l’enfance, des enfants eux-mêmes et de la société civile. Cette méconnaissance limite son efficacité et freine la prévention des abus.
Pour remédier à cette situation, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a ouvert lundi à Kpalimé, dans la région des Plateaux, une session de travail et de sensibilisation. L’objectif est de renforcer la compréhension et l’appropriation du mécanisme par les acteurs concernés, et de faciliter son utilisation par les enfants et les familles.
Les experts présents insistent sur la nécessité d’intégrer pleinement ce dispositif dans les services sociaux et judiciaires, de former les professionnels de l’enfance et de multiplier les campagnes d’information dans les écoles et communautés. L’idée est de transformer un outil juridique en un instrument réellement opérationnel capable de prévenir efficacement les abus et d’accompagner les victimes.
La CNDH rappelle que ce mécanisme n’est pas seulement un cadre légal : c’est une réponse concrète à l’impérieuse nécessité de créer des espaces sûrs où les enfants peuvent signaler les abus et recevoir une assistance adaptée. Pour le Togo, la prochaine étape est claire : passer de la sensibilisation à l’action, pour que chaque plainte d’enfant se traduise par une protection réelle et immédiate.
La Rédaction

