Lors d’une journée portes ouvertes au Centre de Formation aux Métiers de l’Industrie (CFMI) à Lomé, l’ambassadeur de France au Togo, Augustin Favereau, a réaffirmé l’engagement de l’Agence Française de Développement (AFD) à soutenir la formation professionnelle au Togo. Dix ans après le lancement de ce projet phare, les résultats sont probants : le CFMI est devenu un acteur clé de l’innovation éducative en Afrique de l’Ouest.
Un levant pour l’industrialisation et l’autonomisation
Depuis 2013, le CFMI, financé en partie par l’AFD, a formé des centaines de jeunes dans des secteurs clés tels que l’énergie, la logistique portuaire, la mécanisation agricole et les technologies de l’eau. Conçu pour 96 apprenants à l’origine, le centre forme aujourd’hui près de 300 jeunes chaque année, avec l’objectif d’atteindre 500 places d’ici 2025. Une progression qui répond à la forte demande de main-d’œuvre qualifiée dans un Togo en pleine mutation économique.
L’ambassadeur de France a salué la « réussite exemplaire » du projet, mettant en avant son rôle crucial dans l’écosystème portuaire de Lomé, plaque tournante du commerce régional. « Dix ans après, nous ne regrettons rien », a-t-il déclaré, soulignant l’impact du CFMI dans la réduction du chômage des jeunes et l’émergence d’une génération hautement qualifiée.
Parité et défis budgétaires : Les clés d’un succès durable
L’un des points marquants, selon Augustin Favereau, est l’augmentation de la participation féminine dans des filières traditionnellement dominées par les hommes, comme la mécanique et l’industrie. « Voir des jeunes filles s’approprier ces métiers, c’est une révolution silencieuse », a-t-il déclaré, mettant l’accent sur l’importance de l’inclusion pour un développement équitable.
Malgré les défis budgétaires actuels, la France a réaffirmé son engagement à pérenniser son soutien. « Nous croyons en vous, et nous continuerons à vous accompagner », a promis le diplomate, annonçant des discussions pour diversifier les sources de financement et renforcer les partenariats publics-privés.
Un modèle pour l’Afrique ?
Au-delà des résultats quantitatifs, le CFMI incarne une vision commune entre la France et le Togo : celle d’une industrialisation axée sur le capital humain. « L’avenir de l’Afrique réside dans des formations adaptées aux réalités locales », a souligné Augustin Favereau, en évoquant les défis climatiques et technologiques auxquels le continent fait face.
Dans un contexte où l’Afrique cherche à accélérer sa transition économique, le modèle togolais, alliant expertise internationale et ancrage local, pourrait servir de référence pour d’autres pays. Il prouve que l’investissement dans l’éducation technique est non seulement une dépense mais un levier pour la souveraineté économique.
Cette annonce survient alors que le Togo ambitionne de devenir un hub industriel régional, notamment avec des projets tels que la Zone économique spéciale d’Adétikopé. Le CFMI, acteur clé de cette ambition, demeure un vivier d’idées pour une jeunesse africaine en quête d’opportunités.
La Rédaction

