Du 10 mai au 23 novembre 2025, Venise deviendra une nouvelle fois le théâtre d’un débat planétaire sur les formes, fonctions et futurs de l’architecture. Sous la houlette de l’architecte-ingénieur Carlo Ratti, la 19ᵉ Exposition internationale d’architecture invitera les nations à réfléchir à une question centrale : comment bâtir dans un monde en mutation accélérée ?
Dans ce laboratoire d’idées, un nouvel acteur fait son entrée : le Togo. Ce pays d’Afrique de l’Ouest, encore absent des précédentes éditions, inaugure en 2025 sa toute première participation à la Biennale, affirmant ainsi une ambition culturelle et territoriale renouvelée.
Un pavillon qui raconte un pays, entre mémoire et devenir
Porté par Sonia Lawson, directrice du Palais de Lomé, le pavillon togolais propose une immersion dans une architecture qui puise sa force dans l’héritage, mais se projette résolument vers demain. L’exposition, conçue comme un récit visuel et spatial, met en lumière les pratiques constructives locales, les esthétiques endogènes et les réinventions contemporaines à l’œuvre chez une nouvelle génération de créateurs togolais.
Loin de l’anecdote folklorique ou du pastiche, le pavillon affirme une identité architecturale capable de répondre aux enjeux actuels : durabilité, transmission, autonomie des savoir-faire. Il fait aussi entendre une voix singulière dans le concert des nations — celle d’un pays qui revendique la pleine valeur de ses territoires, de ses mémoires et de ses imaginaires bâtis.
Carlo Ratti : une vision pour un monde incandescent
Le commissaire de cette édition, Carlo Ratti, est une figure de l’innovation urbaine. Enseignant au MIT, fondateur du Senseable City Lab et de l’agence CRA, il appelle à « mobiliser toute l’intelligence qui nous entoure » pour faire face à un monde traversé par les crises climatiques, sociales et technologiques. Son approche transversale — à la croisée de l’architecture, de la science et de la citoyenneté — fait écho aux aspirations du pavillon togolais, qui voit dans l’espace construit un outil d’émancipation.
Au-delà des murs : penser l’architecture comme relation
En marge de l’exposition, des rencontres thématiques auront lieu à Venise, du 8 au 10 mai. Parmi elles, une table ronde explorera les liens entre architecture, mémoire et identité. En rassemblant architectes, artistes et chercheurs, ces discussions visent à replacer l’acte de bâtir au cœur d’une réflexion sur l’humain, la transmission et les dynamiques de territoire.
Le Togo dans le monde, autrement
Cette première présence du Togo à la Biennale n’est pas un simple événement culturel. Elle marque un tournant stratégique : celui d’une diplomatie qui mise sur la création, la pensée et le récit pour redéfinir la place du pays dans les échanges internationaux. Dans le langage universel de l’architecture, le Togo ne se contente plus d’être spectateur : il devient interlocuteur.
La Rédaction

