Lors d’une interview radiophonique ce dimanche, Kanka-Malik Natchaba, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a esquissé les contours du nouveau modèle politique togolais. Dans une déclaration aux tonalités réformatrices, il a défendu une gouvernance « décentralisée et collaborative », rompant avec les pratiques verticales du passé pour rapprocher l’État des citoyens.
Un système parlementaire à l’épreuve du concret
Interrogé sur la prééminence du parti UNIR au Parlement et la nomination conjointe du président de la République et du chef du gouvernement, Natchaba a rejeté l’idée d’un verrouillage du pouvoir. Selon lui, cette configuration marque une « maturité démocratique » plutôt qu’un recul pluraliste. « L’enjeu n’est pas dans la multiplicité des partis, mais dans notre capacité à nous remettre en question pour servir efficacement », a-t-il affirmé, en réponse aux critiques sur l’absence d’opposition structurée.
Transparence et contre-pouvoirs : des garde-fous assumés
Le ministre a souligné le rôle de surveillance des institutions législatives, affirmant que l’Assemblée nationale et le Sénat exercent pleinement leurs prérogatives, y compris sur les décisions du président du Conseil. Ce système, a-t-il précisé, repose sur des mécanismes renforcés de redevabilité destinés à équilibrer stabilité gouvernementale et exigence démocratique.
Inclusion politique : le symbole Savi de Tové
L’élection de Jean-Lucien Savi de Tové à la présidence de la République, ancien opposant, a été saluée par Natchaba comme un signal fort. « C’est la preuve que le mérite et l’engagement transcendent les appartenances politiques », a-t-il déclaré. À ses yeux, cette désignation incarne une volonté d’ouverture et d’intégration de compétences diverses au service de l’intérêt général.
Vers une démocratie de résultats
Qualifiant la transition en cours de « laboratoire institutionnel », le ministre a appelé les responsables politiques à faire de la Cinquième République un vecteur de transformation concrète. Accès aux services de base, emploi, éducation : « Les Togolais jugeront sur les effets, pas sur les discours », a-t-il conclu, appelant à une mobilisation collective autour de cette nouvelle gouvernance.
Ce plaidoyer en faveur d’un modèle plus pragmatique et inclusif survient dans un climat de défiance persistante, où la population attend des preuves tangibles de changement. La capacité du nouveau régime à concilier efficacité, transparence et ouverture sera déterminante pour asseoir sa crédibilité.
La Rédaction

