Face à un paysage politique dominé par le parti présidentiel UNIR, quatre formations politiques togolaises — le PDP, le MCD, le CPP et le MRC — tentent de relancer l’opposition à travers une nouvelle coalition électorale baptisée « Togo d’abord ». Objectif : se positionner comme une force crédible en vue des prochaines élections municipales.
À la manœuvre, Innocent Kagbara, président du Parti démocratique panafricain (PDP), qui dresse un constat sans appel : les divisions internes et le manque de stratégie ont lourdement pénalisé l’opposition lors des législatives et régionales de 2024. UNIR y avait remporté 108 des 113 sièges parlementaires et conquis 137 des 179 sièges régionaux, laissant peu d’espace aux voix discordantes.
« L’addition des savoir-faire individuels est source de prospérité pour notre pays. L’urgence le justifie », a martelé Kagbara, déterminé à rompre avec l’éparpillement tactique qui a longtemps caractérisé les partis adverses du pouvoir. Pour lui, l’unité est désormais une condition de survie politique.
Sous la bannière de « Togo d’abord », la coalition entend mener une campagne axée sur la proximité, la revalorisation des communes et la crédibilité des candidatures. Elle veut proposer des solutions concrètes aux problèmes locaux et insuffler un souffle nouveau dans les administrations municipales.
Mais au-delà de l’enjeu électoral, c’est un repositionnement plus global que cherche à opérer la coalition. Kagbara évoque un changement de ton et de méthode dans un pays désormais régi par la Cinquième République : « Avec l’esprit d’ouverture et de dialogue que permet ce nouveau cadre institutionnel, nous pouvons résoudre les problèmes sociaux, les carences institutionnelles et les défis économiques. »
Reste à voir si cette alliance tiendra la route face à un pouvoir solidement implanté, doté d’un appareil politique bien rodé. Le pari est risqué, mais les initiateurs de « Togo d’abord » misent sur le pragmatisme et l’intelligence collective pour inverser la tendance.
La Rédaction

