Au Mali, la diplomatie régionale avance à grands pas, portée par l’alliance tripartite formée avec le Burkina Faso et le Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le gouvernement de transition multiplie les annonces économiques : exploitation commune des ressources, sécurisation des corridors commerciaux, volonté affichée de rompre avec les anciens partenaires occidentaux.
Mais derrière cette posture souverainiste, les failles internes demeurent béantes. Dans les régions de Mopti, Gao ou encore Ségou, la présence de l’État est toujours aussi fragile. Des groupes armés continuent d’imposer leur loi, les services publics restent inopérants et la population, souvent livrée à elle-même, voit peu de bénéfices concrets de ces grandes orientations géopolitiques.
Sur le plan économique, les projets d’infrastructures hydrauliques et de soutien à l’agriculture lancés récemment peinent à atteindre les zones reculées. Les jeunes, eux, attendent toujours la concrétisation des promesses d’insertion professionnelle. Si Bamako parle de développement endogène, la fracture entre le centre de décision et les territoires est plus visible que jamais.
Le Mali se veut acteur majeur d’un nouveau Sahel, maître de ses ressources et de ses alliances. Mais cette ambition, pour être crédible, devra d’abord se mesurer à l’épreuve du terrain.
La Rédaction

