Terres cultivables, accès aux ports et position stratégique en Afrique de l’Ouest : le Togo et le Bénin disposent d’atouts considérables. Mais leur dépendance à certaines importations alimentaires révèle les limites de ce potentiel. En mission à Lomé jusqu’au 23 octobre, l’Union africaine veut accélérer le passage des ambitions agricoles aux résultats concrets.
Produire davantage, mieux transformer et réduire les vulnérabilités alimentaires : c’est le défi que l’Union africaine entend relever avec le Togo et le Bénin. Une délégation conduite par Moses Vilakati, commissaire chargé de l’agriculture, du développement rural, de l’économie bleue et de l’environnement durable, poursuit jusqu’au 23 octobre une mission destinée à identifier les investissements prioritaires dans les deux pays.
L’initiative dépasse la seule amélioration des rendements. Pour l’organisation continentale, Lomé et Cotonou pourraient devenir des pôles agricoles et logistiques capables de renforcer les échanges alimentaires dans l’espace ouest-africain.
Des ressources agricoles encore insuffisamment valorisées
Les deux pays disposent de terres agricoles, de filières d’élevage et d’une ouverture maritime stratégique. Pourtant, leur production ne couvre pas l’ensemble des besoins nationaux, notamment pour certains produits alimentaires importés.
La mission examine plusieurs leviers : restauration de la fertilité des sols, accès aux semences améliorées, disponibilité des engrais, développement de l’irrigation et modernisation de l’élevage. L’objectif est de réduire les contraintes qui limitent la productivité et fragilisent les exploitations.
Ces interventions devront aussi répondre aux difficultés rencontrées par les petits producteurs, particulièrement exposés aux variations climatiques et aux coûts des intrants.
Faire des ports des outils de sécurité alimentaire
L’intérêt du Togo et du Bénin ne repose pas uniquement sur leurs capacités de production. Leurs ports constituent également des portes d’entrée commerciales vers les pays enclavés de la sous-région.
Cette position pourrait faciliter la circulation des produits agricoles, à condition de développer les infrastructures de stockage, de transformation et de transport. Produire davantage sans améliorer ces maillons risquerait de maintenir les pertes après récolte et les difficultés d’approvisionnement.
Des investissements encore à préciser
Moses Vilakati appelle à rompre avec les approches insuffisamment opérationnelles et à accélérer les investissements. La mission doit identifier les interventions prioritaires, mais aucun financement nouveau ni calendrier détaillé de réalisation n’a encore été annoncé.
À l’approche de sa clôture, le 23 octobre, l’enjeu sera donc de transformer les recommandations en projets financés et mesurables. Pour le Togo et le Bénin, la souveraineté alimentaire dépendra moins de leur potentiel annoncé que de leur capacité à le convertir en production, en emplois et en approvisionnement régulier.
La Rédaction

