À Tchalo, dans la préfecture de Tchaoudjo, un projet de restauration écologique dépasse désormais le simple cadre du reboisement. Portée par des acteurs associatifs et la communauté locale, l’initiative entend faire émerger un espace dédié à la biodiversité, à l’éducation environnementale et à la valorisation des ressources forestières.
Au cœur du canton de Tchalo, la forêt communautaire de Kéfia Agodomou poursuit sa transformation. Engagé depuis 2024, le programme de restauration du site repose sur une stratégie de reboisement progressif visant à redonner vie à un espace forestier dégradé tout en lui assignant de nouvelles fonctions écologiques, éducatives et scientifiques.
À l’occasion d’une nouvelle campagne de plantation organisée le 26 juin, les promoteurs du projet ont poursuivi l’enrichissement du couvert végétal avec de nouveaux plants. Cette opération s’inscrit dans un objectif plus large de plantation annuelle de plus de 1 000 arbres, en cohérence avec la campagne nationale de reboisement engagée par le Togo.
Une vision qui va au-delà de la plantation d’arbres
L’ambition affichée dépasse la seule restauration du couvert forestier. Les initiateurs souhaitent faire de cette forêt communautaire un véritable espace de sensibilisation à l’environnement, où les élèves, les chercheurs et le grand public pourront découvrir la biodiversité locale dans un cadre pédagogique.
Le projet prévoit notamment la création d’un zoo éducatif destiné à accueillir progressivement différentes espèces animales, ainsi qu’un jardin botanique consacré aux plantes médicinales. Ce futur espace entend également servir de support aux travaux de recherche et aux activités des tradithérapeutes, en mettant en valeur les espèces végétales locales.
Restaurer un patrimoine naturel
Développée sur un site d’environ dix hectares affecté par les travaux d’aménagement routier, l’initiative mise sur la reconstitution progressive d’un écosystème diversifié. Plusieurs essences forestières sont privilégiées, parmi lesquelles le khaya, le mélina, le baobab, le néré, le tamarinier, le karité ou encore le cola gigantea, auxquelles s’ajoute la dispersion de graines destinées à favoriser une régénération naturelle de la forêt.
Depuis le lancement du projet, plusieurs milliers de plants ont déjà été mis en terre, illustrant la volonté des promoteurs d’inscrire cette action dans la durée plutôt que dans une campagne ponctuelle.
Une initiative portée par la communauté
Le projet est conduit par le groupe AJA-CFIJ-AEA avec l’implication de la collectivité de Kéfia Agodomou, des autorités locales et des services de l’environnement. Cette mobilisation collective vise à renforcer l’appropriation du site par les populations tout en contribuant aux objectifs nationaux de restauration des paysages forestiers.
Les responsables de l’initiative estiment toutefois que la poursuite du projet nécessitera un accompagnement financier accru, notamment pour sécuriser le site et développer les infrastructures prévues.
En s’appuyant sur une approche associant reboisement, conservation de la biodiversité, recherche et éducation environnementale, cette forêt communautaire entend devenir un exemple de valorisation durable du patrimoine naturel dans la région Centrale.
La Rédaction

